/finance/homepage

Construire sa propre maison: est-ce pour vous?

Ghislain Larochelle | Journal de Montréal

Construire de ses mains la maison de ses rêves est un projet qui peut rapidement devenir emballant, mais qui nécessite planification et précautions.

L’enjeu est de taille : il s’agit de construire la maison de vos rêves tout en respectant votre budget ainsi que les diverses normes imposées à différents niveaux.

Les pour

Outre la satisfaction personnelle de construire soi-même sa demeure, le principal avantage de l’autoconstruction est la possibi­lité de personnaliser au maximum les plans, le design et la finition, ce qui ne serait pas nécessairement possible dans le cas d’un projet clé en main.

De plus, le fait de mettre la main à la pâte entraînera des économies sur la main-d’œuvre. Selon le site soumissionrénovation.ca, une autoconstruction coûte en moyenne 30 % moins cher qu’un projet clé en main. Cette écono­mie peut vous permettre d’investir dans des matériaux et des appareils de meilleure qualité.

Les contre

Même si cela peut coûter moins cher sur le plan financier, prévoyez investir beaucoup de votre temps. Plusieurs centaines d’heures sont souvent requises pour construire une seule maison.

Un autre point moins reluisant est tout le stress que peuvent causer les imprévus dans l’avancement des travaux. Un échéancier non respecté peut donner quelques sueurs froides, notamment au Québec, où le froid de l’hiver peut ralentir — voire arrêter — un chantier.

Enfin, il faut considérer les normes de la Régie du bâtiment. Si vous construisez votre résidence personnelle dans le seul but de l’habiter, vous n’avez pas besoin de licence RBQ pour entreprendre vous-même des travaux, à l’exception de ceux qui touchent aux installations électriques, aux installations de gaz et aux installations d’équipements pétro­liers. Attention, toutefois : toutes les autres personnes qui vous aide­ront sur le chantier (même votre beau-frère) doivent posséder leur licence en règle, sans quoi vous vous exposez à une amende.

Si votre projet comporte un logement locatif, ou s’il est destiné à la revente dans le but de faire un profit, dans ce cas vous aurez besoin des licences appropriées.

Enfin, il faut gérer plusieurs professionnels, à moins que vous ne déléguiez cette tâche à un entre­preneur général.

Le financement

Une autoconstruction est plus difficile à financer qu’un projet clé en main. Votre projet doit être bien préparé avant de déposer une demande à la banque. De plus, le financement­­­ est généralement accordé par étapes, selon l’avancement du projet. Les banques exigent normalement que la durée du projet n’excède pas douze mois.

Le prêt privé peut être une option temporaire si vous n’êtes pas en mesure d’obtenir du financement de la banque.

Conseils

Même si vous n’avez pas besoin d’une licence RBQ pour mener à bien votre projet d’autoconstruction, vous devez tout de même être au fait des normes de construction. Vous pouvez suivre des formations afin d’apprendre les principales normes, qui peuvent varier d’une municipalité à une autre.

Embaucher un entrepreneur général peut être une bonne option si vous en êtes à votre première expé­rience. C’est lui qui s’occupera de gérer le chantier au jour le jour et qui verra aux imprévus.

Il est important de se fixer un budget maximal. Pour ce faire, faites-vous aider d’un estimateur en construction ainsi que de votre conseiller financier.

Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.