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Legault agit comme un «climatosceptique», croit Dominic Champagne

Patrick Bellerose | Journal de Montréal

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Moins d’un an après avoir rencontré François Legault en privé pour le sensibiliser à l’urgence environnementale, l’initiateur du Pacte pour la transition Dominic Champagne doute maintenant que le premier ministre croie réellement aux changements climatiques.

«Ce n’est pas une affirmation gratuite quand je dis : est-ce qu’il est climatosceptique ? François Legault, dans ses décisions depuis un an, il se comporte comme un climatosceptique qui ne veut pas apparaître comme un climatosceptique», assène-t-il.

Le metteur en scène devenu activiste pour le climat fait valoir que M. Legault a démontré sa capacité à bouger rapidement dans d’autres dossiers, comme l’immigration et la laïcité.

Mais en matière de lutte aux changements climatiques, «on ne voit pas de plan crédible», déplore-t-il.

Invité au Conseil général

L’initiateur du Pacte pour la transition se disait pourtant «agréablement surpris» au terme de sa rencontre avec M. Legault le 9 novembre dernier.

Dominic Champagne avait même pris sa carte de membre de la CAQ, au printemps, pour participer aux travaux du conseil général du parti, où il avait été invité à prendre la parole.

«Pour l’instant, François Legault n’a pas répondu à l’urgence climatique, déplore aujourd’hui Dominic Champagne. Il n’a pas donné le début d’une réponse originale.»

Peu de gestes concrets

Sa longue liste de récriminations inclut l’appui du gouvernement Legault au projet d’exportation de gaz naturel GNL Québec.

«Il ne peut pas prétendre que c’est un projet qui respecte l’environnement», tance M. Champagne.

Pour défendre ce projet, le premier ministre fait valoir qu’il créera des «milliers d’emplois payants au Saguenay–Lac-Saint-Jean».

«Dans la philosophie politique de la CAQ, qui est un peu arriérée, on oppose la défense de l’environnement à l’économie», réplique M. Champagne en évoquant des pays, comme le Maroc, qui réussissent leur transition énergétique.

«Il a eu le culot de présenter le troisième lien comme un projet de développement durable, ajoute-t-il. Il ne faut pas prendre les gens pour des épais.»

L’activiste du climat se réjouit tout de même de la volonté du premier ministre d’exporter l’hydroélectricité aux provinces et États voisins.

Mais encore là, il jette un doute sur les motivations du chef caquiste. «Sa volonté principale, c’est celle de vendre de l’électricité», croit-il.

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