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Le CIUSSS retire son questionnaire controversé sur les habitudes sexuelles

Michaël Labranche

 - Agence QMI

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Le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec cessera de faire passer son questionnaire sur les habitudes sexuelles aux personnes en processus d’adoption.

Quelques heures après qu'un porte-parole défende le test à QUB radio, jeudi, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, confirmait que l'établissement «cessera la passation du questionnaire».

C'est Mathieu Bédard, directeur adjoint hébergement, délinquance et réadaptation, qui était au micro de Jonathan Trudeau dans l’émission Franchement dit pour en parler et défendre le questionnaire ayant fait les manchettes.

Un couple de la Mauricie s’est confié au quotidien Le Nouvelliste parce qu’il jugeait certaines questions sur leurs habitudes sexuelles inappropriées pour le processus d’adoption d’un enfant par le biais de la banque mixte.

«À quelle fréquence vous masturbez-vous ? Combien de temps durent vos jeux préliminaires ? Est-ce qu’il arrive à votre conjoint d’éjaculer sans avoir une érection complète et dure ? Est-ce qu’il arrive à votre conjoint d’atteindre l’orgasme alors qu’il tente une pénétration ?», a dit d’entrée de jeu l’animateur Jonathan Trudeau en faisant référence au questionnaire.

Malgré plusieurs critiques, Mathieu Bédard a déclaré que le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec est confortable avec sa position et le questionnaire.

«Je peux comprendre tout dépendant de la façon qu’on présente [notre position], il peut y avoir des aspects qui peuvent, sortis de leur contexte, surprendre la population», a-t-il clarifié.

«Ça fait déjà un certain temps que ce test a été élaboré avec des chercheurs universitaires [et il est] basé sur les meilleures pratiques. Quand vous me demandez pourquoi, la réponse est très simple, c’est vraiment dans le but de protéger les enfants. [...] Quand on confie des enfants dans une vision d’adoption, on a le devoir de protéger ces enfants-là et s’assurer que nos postulants, nos futurs adoptants, vont offrir des milieux sécuritaires solides pour des enfants qui ont déjà, dans certains cas, des vécus traumatiques et même complexes», a ajouté M. Bédard.

L’animateur Jonathan Trudeau a ensuite questionné M. Bédard pour savoir en quoi une «femme est capable d’atteindre l’orgasme durant la relation sexuelle si ses organes génitaux sont caressés en même temps par elle-même, son partenaire ou un vibrateur» pouvait prouver qu’on était de bons parents.

«Il faut le corréler avec les autres dimensions qui sont évaluées et évidemment vous comprendrez que ce qu’on vise à rechercher par ces questions-là, c’est vraiment, dans l’ensemble là, c’est vraiment comprendre est-ce qu’il y a quelque chose qui peut nous alerter ou qui peut sembler dysfonctionnel ou préoccupant dans la sexualité des postulants», a déclaré le directeur adjoint Réadaptation, délinquance et hébergement jeunesse du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

Il a rappelé que le test est «beaucoup plus complet» que la section sur les habitudes sexuelles et qu’il mesure plusieurs aspects de la personnalité.

«Les questions ont été conçues dans un ensemble. C’est le résultat global qui vient pointer certaines choses et corréler à d’autres éléments du test [...] Il n’y a pas de questions anodines là-dedans. Chaque question est sérieuse», assure M. Bédard avant de spécifier que les personnes qui ont construit le test sont des spécialistes en abus sexuel.