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L'ex-maire de Terrebonne se plaint de fuites dans les médias

Jean-François Cloutier | Bureau d'enquête

En janvier dernier, notre Bureau d’enquête publiait des images de l’ancien maire de Terrebonne sur le yacht de l’entrepreneur Tony Accurso. Jean-Marc Robitaille (au centre) allègue aujourd’hui qu’il s’agit de fuites orchestrées par la police pour lui nuire.

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En janvier dernier, notre Bureau d’enquête publiait des images de l’ancien maire de Terrebonne sur le yacht de l’entrepreneur Tony Accurso. Jean-Marc Robitaille (au centre) allègue aujourd’hui qu’il s’agit de fuites orchestrées par la police pour lui nuire.

Après l’ancien organisateur libéral Marc-Yvan Côté, c’est au tour de l’ancien maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille de se plaindre de fuites d’information dans les médias à son sujet.

Les avocats de Robitaille, qui est accusé de corruption, ont déposé cet été une requête en vue d’obtenir la divulgation de certains éléments de preuve.

Le maire déchu soupçonne l’Unité permanente anticorruption (UPAC) d’être à l’origine de certaines fuites embarrassantes pour lui dans les médias.

« Le dossier de [Jean-Marc Robitaille] comme l’affaire Côté soulève des préoccupations sérieuses quant au coulage d’informations dans les médias pour faire avancer des enquêtes, portant préjudice à des justiciables en utilisant le salissage médiatique », allègue-t-il.

Robitaille veut avoir accès aux documents amassés par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). Dans le cadre du projet Serment, le BEI se penche sur les fuites d’information et la manière dont les enquêtes étaient menées à l’UPAC.

À l’appui de sa requête, Robitaille cite les notes obtenues d’un agent d’infiltration de la police. Ce dernier a fait deux appels téléphoniques à l’ex-maire avant que des accusations soient portées contre lui.

De l’argent à cacher

« Je vais lui expliquer qu’il a su cacher brillamment son argent. J’ai besoin de savoir comment il a fait, car j’ai de l’argent à cacher. En échange, je vais lui donner une autre information à l’effet que l’UPAC sait qu’il a fait d’autres voyages avec Jean Leroux et qu’il a menti aux journalistes. Je pourrais donc l’aider à se préparer contre une campagne de salissage, car des photos existes [sic] », indiquent les notes de l’agent citées dans la requête.

Peu de temps après ces appels, Robitaille dit avoir constaté que des photos compromettantes pour lui avaient effectivement été diffusées.

« [Jean-Marc Robitaille] dispose d’éléments probants pour craindre que des fuites d’informations confidentielles ont été orchestrées », allègue la requête en citant des reportages de divers médias.

C’est aujourd’hui que la Cour suprême doit se prononcer au sujet de la protection des sources journalistiques dans le cadre du litige qui oppose l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté à la journaliste de Radio-Canada Marie-Maude Denis.

Menace pour le procès

Côté, qui a été arrêté par l’UPAC en 2016 au même moment que l’ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau, veut connaître la ou les sources à l’origine de reportages à l’émission Enquête. Certains éléments de preuve diffusés dans les médias menacent l’équité de son procès, avait-il fait valoir, et constituent, selon lui, des fuites délibérées d’agents de l’État pour lui nuire.

Contacté par notre Bureau d’enquête, un avocat de Robitaille, Me Daniel Rock, a indiqué que la décision d’aujourd’hui pourrait avoir un impact sur les recours de l’ex-maire.

« On ne sait pas encore. On va voir ce qu’ils vont dire », a-t-il commenté.

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