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En Alberta, Andrew Scheer promeut son corridor énergétique pancanadien

Agence QMI

Andrew Scheer et son allié albertain Jason Kenney ont vanté samedi «l’ambitieux» projet conservateur de corridor énergétique pancanadien.

Même s’il a reçu un accueil mitigé au Québec, M. Scheer mise beaucoup sur ce projet transnational de transport d’énergie et de ressources canadiennes pour «générer des avantages économiques et sociaux».

Pétrole, gaz naturel, hydroélectricité, télécommunications: il assure que le corridor pourra répondre à toutes les inquiétudes concernant l’énergie et les ressources canadiennes. Il soutient même qu’il minimisera l’impact sur l’environnement et réduira le coût des évaluations environnementales.

«Grâce à lui, le Québec pourra transporter son hydroélectricité sur de nouveaux marchés au pays», a illustré M. Scheer.

Que faire des provinces qui diront non? Le chef conservateur n’a pas été clair, mais a expliqué qu’il faudra avoir des discussions avec les provinces et les autochtones sur la délicate question de la juridiction. «Il est devenu très difficile de construire des pipelines dans ce pays, mais ça n’a pas toujours été le cas», a reconnu M. Scheer.

À Québec, le premier ministre François Legault a déjà fait savoir qu’il n’y a pas d’accessibilité sociale pour pareil projet et que le fédéral ne peut l’imposer contre son gré.

Andrew Scheer a indiqué qu’un groupe d’experts fera des recommandations sur la façon de procéder dans les six mois suivants sa formation.

«Je suis convaincu qu’on [...] peut [aborder] les enjeux environnementaux, les besoins des communautés autochtones et s’assurer que toutes les provinces vont avoir une situation où ils vont profiter de ce corridor», a précisé le chef.

À nouveau, il a tiré à boulets rouges sur les quatre ans au pouvoir de Justin Trudeau, qui prenait une pause de la campagne samedi. «Il est temps d’avoir un gouvernement qui comprend que nous devons être unis, que le Canada fonctionne mieux quand nous travaillons ensemble», a-t-il dit.

L’ombre de Kenney et Ford

Le chef conservateur a aussi été interpellé sur ses liens avec les premiers ministres conservateurs Doug Ford de l’Ontario et Jason Kenney de l’Alberta, avec qui il a fait campagne samedi. Ce dernier est un farouche défenseur de l'industrie pétrolière.

«Jason Kenney a proposé de me voir, nous sommes de bons amis depuis presque 20 ans, a-t-il expliqué sans parler de M. Ford, très impopulaire en Ontario depuis son élection.

«J’ai rencontré tous les conservateurs qui sont tannés des décisions de Justin Trudeau et je vais continuer de le faire», s’est contenté de poursuivre Andrew Scheer.

À savoir si ses accointances avec Jason Kenney allaient lui nuire au Québec, M. Scheer a eu cette réponse: «Je crois que les Québécois savent que c’est mieux d’avoir le pétrole canadien au lieu du pétrole qui vient des États-Unis».

En plus d’être pro-pipelines, Jason Kenney a promis de tenir un référendum pour revoir la formule de péréquation, mais le chef conservateur croit que son corridor pourrait changer la donne.

Pour sa part, M. Kenney a dressé les louanges de M. Scheer «qui travaille très fort pour remettre le pays en marche», a-t-il dit devant plusieurs militants conservateurs rassemblés en fin de matinée, à Edmonton. «Il sera un premier ministre qui nous ne mettra pas dans l’embarras, qui ne s’excusera pas tout le temps», a-t-il ajouté.

De son côté, le chef du NPD, Jagmeet Singh, n’a pas hésité à rapprocher les deux premiers ministres provinciaux à son rival conservateur. Il a soutenu que M. Scheer allait couper dans les services comme MM. Kenney et Ford l’ont fait dans leur province.

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