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Son plan contre son ex échoue, il achète un AR-15

Frédérique Giguère | Le Journal de Montréal

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Mécontent que son ex-conjointe ait pu échapper à de faux livreurs de pizza censés la maîtriser avec des menottes, un Montréalais de 33 ans, soupçonné d’avoir orchestré un plan machiavélique, s’est offert un AR-15 au début du mois.

Les enquêteurs ont pu mettre les pièces du puzzle en place dans les derniers jours en procédant aux arrestations de Jean-Sébastien Cormier, le « cerveau » du crime, et de Houssien Ghaith.

Le premier est l’ex de la victime. Il aurait fait affaire avec deux faux livreurs de pizza pour qu’ils attaquent et terrorisent son ex. Il est accusé de séquestration, d’introduction par effraction et de possession d’une arme à feu à autorisation restreinte avec des munitions.

On reproche aussi au second, âgé de 26 ans, d’avoir fait du trafic d’armes en vendant une arme semi-automatique AR-15 à Cormier, le 10 septembre.

Fausse pizza

Deux hommes à la peau noire se sont présentés dans la soirée du 18 juillet devant l’immeuble à logements de l’ex-conjointe de Cormier, près de l’angle des rues Joffre et Tellier, dans l’est de la ville.

L’un d’eux tenait une pizza et lui faisait des signes à travers la fenêtre. Lorsque la femme de 33 ans a ouvert la porte de son immeuble pour signifier aux individus qu’elle n’avait pas commandé de pizza, ils l’ont projetée au sol, selon la police de Montréal.

« J’ai entendu un vacarme, alors je suis sorti de chez moi et en ouvrant la porte, je suis tombé nez à nez avec celui qui tentait de la maîtriser, a raconté le voisin d’en bas de la victime. J’ai attiré son attention, alors elle a pu se sauver. »

Les suspects ont pris la fuite quelques secondes plus tard. Ils sont toujours recherchés.

À leur arrivée, les policiers ont découvert des menottes et un paquet de colliers de serrage en plastique (ty-wrap) au sol.

Lorsque Le Journal a appris au propriétaire que l’instigateur de cette attaque serait Jean-Sébastien Cormier, il était complètement sous le choc.

« Je le connais, il a vécu ici avec ma locataire, il m’a déjà donné des chèques pour le loyer », dit-il.

Suspect no 1

Jean-Sébastien Cormier, qui travaille comme conseiller au service à la clientèle dans une institution financière, a rapidement été suspecté par les enquêteurs dans cette histoire.

Les policiers ont mené une première perquisition à la résidence de sa mère, chez qui il vit, à Rivière-des-Prairies, quelques semaines après les événements. Des éléments trouvés sur les lieux ont renforcé leurs doutes. Ce n’est qu’après avoir récolté de nouvelles informations que les enquêteurs ont pu l’arrêter chez lui, mercredi. Ils ont mené une seconde perquisition dans la résidence, où ils ont découvert l'arme.

Il a été impossible de savoir, vendredi, pour quelle raison le trentenaire sans antécédent judiciaire aurait voulu faire subir un tel sort à son ex-copine. Le duo était séparé depuis au moins un an. La femme, qui travaille dans la même institution financière que lui, est encore à ce jour traumatisée par son agression et a déménagé.

Bien qu’il n’ait pas été blessé dans l’attaque, le propriétaire de l’immeuble à logements demeure lui aussi ébranlé et vit dans la crainte constante que les deux suspects reviennent.

– Avec la collaboration d’Eric Thibault.

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