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Un héritage anticipé leur permet d’éviter la faillite

Emmanuelle Gril | Journal de Montréal

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Jean-Benoît et Pascale ont deux enfants et sont locataires. Même s’ils travaillent tous les deux, ils ont du mal à équilibrer leur budget et ont peu à peu accumulé des dettes de 35 800 $. Mais un héritage anticipé pourrait bien leur sauver la mise.

En effet, la mère de Pascale est décédée et son père est allé vivre dans une résidence pour personnes âgées. La vente de la résidence familiale a dégagé un profit de 40 000 $ que le père souhaite partager immédiatement entre son fils, Éric, et sa fille. Toutefois, compte tenu de la situation financière de cette dernière, il se demande si c’est une bonne idée de lui verser sa part d’héritage immédiatement ou s’il ne vaudrait pas mieux attendre. Il a donc demandé à son fils d’aller rencontrer Pascale pour tenter de trouver une solution. Mais rapidement, ils en sont venus à la conclusion qu’il serait préférable d’aller consulter un expert en insolvabilité.

Retarder l’inévitable

« Il est tout à fait normal pour un parent de vouloir aider son enfant s’il est dans une mauvaise situation. Mais il faut s’assurer que l’argent versé ne servira pas uniquement à acheter du temps et à retarder l’inévitable. L’aide doit être bien ciblée et les causes des problèmes financiers identifiées pour s’assurer d’optimiser les retombées de ce don », indique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité et président de Jean Fortin et Associés.

Pour y voir plus clair, un portrait détaillé des dettes du couple, incluant les montants dus, les taux d’intérêt et les montants mensuels à payer, a été établi. On a constaté que chaque mois, le couple était en déficit budgétaire de 600 $. Puis une simulation a été réalisée pour évaluer la situation financière après un remboursement partiel des dettes à l’aide des 20 000 $ issus de l’héritage anticipé. « Nous en avons conclu que même si on remboursait uniquement les dettes les plus coûteuses en frais d’intérêt, le budget du couple serait encore déficitaire. L’endettement serait réduit de 20 000 $ sur un total de 35 800 $, mais pas suffisamment pour remettre leur budget sur pied », indique Pierre Fortin.

Régler définitivement les dettes

Dans ces conditions, quelle serait la meilleure solution pour Pascale et Jean-Benoît ? Après examen de leur dossier de crédit, il s’avère qu’ils ne sont pas éligibles à une consolidation de dettes, leur niveau d’endettement étant trop élevé. D’ailleurs, ils ont déjà fait une demande de prêt de consolidation auprès de leur institution financière l’an dernier, sans succès.

« La meilleure option est de déposer une proposition de consommateur. On a donc offert 20 000 $ aux créanciers en règlement complet et final de toutes les dettes. Ils ont accepté, car le montant était payable immédiatement et ils n’auraient rien obtenu de tel si Pascale avait opté pour la faillite et avait attendu après sa libération pour toucher son héritage », souligne Pierre Fortin. Cette solution gagnant-gagnant a permis au couple de respecter, au maximum de ses capacités financières, ses engagements envers ses créanciers, tout en dégageant un surplus budgétaire mensuel de 251 $ parce qu’ils sont désormais libres de dettes. Quant au père de Pascale, il est heureux de constater qu’il a pu aider sa fille à régler définitivement ses ennuis financiers au lieu de la soulager de façon temporaire.

Leur situation financière

Dettes de Pascale :

Cartes de crédit : 13 100 $

Dettes de Jean-Benoît :

Cartes de crédit : 6200 $

Dettes conjointes :

Prêt personnel : 6700 $

Marge de crédit : 9800 $

Total : 16 500 $

Remboursements mensuels :

Cartes de crédit : 579 $

Prêt personnel : 203 $

Marge de crédit : 65 $

Total des paiements : 851 $ par mois