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Le NM Apollo sera coulé et transformé en récif artificiel

Marc-André Gagnon | Bureau parlementaire

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Après avoir injecté plus de 3,5 M$ dans la mésaventure du NM Apollo, la Société des traversiers du Québec (STQ) allongera 2 M$ additionnels pour couler le navire dans le Saint-Laurent dans le but d’en faire un récif artificiel sur la Côte-Nord.

Si tout se déroule comme prévu, le vieux rafiot datant de 1970, qui n’a servi qu’une vingtaine de jours après son achat en janvier dernier, sera coulé dans la baie de Godbout dès l’été prochain pour être transformé en site de plongée sous-marine.

Il s’agit d’un projet récréotouristique qu’une délégation de la Manicouagan, avec les maires de Godbout et Baie-Comeau, avaient présenté à la STQ en juillet dernier.

La STQ avait d’abord lancé un avis d’intérêt visant à trouver un acquéreur, en avril. Le pdg de la société d’État, Stéphane Lafaut, disait avoir reçu « un paquet de soumissions de gens qui sont intéressés à l’acheter ». Au final, deux seules offres, vraisemblablement insuffisantes, ont été officiellement déposées, puis rejetées.

Un don à la région

L’autre possibilité aurait été d’envoyer l’Apollo au recyclage, ce qui, dans le cas du NM Camille-Marcoux – le prédécesseur du défectueux NM F.-A. Gauthier – avait coûté 2,3 M$ en 2017.

«Après avoir évalué ses options, la STQ a choisi de répondre à l’appel de la communauté de la Côte-Nord», a déclaré M. Lafaut, par voie de communiqué.

«Non seulement ce projet deviendra une nouvelle attraction pour de nombreux visiteurs, mais il permettra de conclure l’aventure de l’Apollo sur une note positive», a fait valoir le pdg de la STQ.

«Nous sommes emballés à l’idée de donner une seconde vie à ce navire et d’en faire un levier de développement économique et touristique», a indiqué de son côté le maire de Godbout, Jean-Yves Bouffard.

L’entente conclue avec la Société Apollo, une nouvelle organisation à but non lucratif, prévoit que le navire sera cédé pour la somme symbolique d’un dollar. La STQ s’est aussi engagée à contribuer aux frais de préparations du navire « jusqu’à hauteur de 2 M$ ».

Décontamination

Avant d’être coulé dans les eaux du Saint-Laurent, préalablement à l'obtention d'autorisations de Transports Canada et Environnement Canada, le navire devra être décontaminé afin d'éliminer toute trace d’hydrocarbure et de contaminants.

Plusieurs projets similaires ont été réalisés en Colombie-Britannique. Plus près de chez nous, le Nipigon, un ancien destroyer canadien, a été coulé en 2003 au large de Sainte-Luce-sur-Mer, près de Rimouski, pour en faire un récif artificiel.

Les promoteurs soutiennent dans leur communiqué que de couler l’Apollo «aura un impact positif sur l’environnement en créant un nouvel habitat pour la faune et la flore aquatiques».

Depuis sa mise hors service après deux collisions à Matane et Baie-Comeau, l’Apollo est amarré dans le Port de Québec, ce qui coûte environ 55 000 $ par mois aux contribuables. Un équipage doit notamment être maintenu à bord en permanence.