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Le projet de ligne d’Hydro-Québec contesté devant les tribunaux

Pierre Couture | Journal de Québec

Un important producteur d’énergie américain conteste devant les tribunaux le projet de ligne à haute tension d’Hydro-Québec et de son partenaire dans le Maine.

Le producteur NextEra Energy Resources, qui détient notamment des centrales au gaz et au mazout dans le nord-est des États-Unis, soutient que le projet de ligne à haute tension de Central Maine Power (CMP) n'a aucun sens.

CMP prévoit construire dans le Maine la ligne New England Clean Energy Connect (NECEC) de 1200 mégawatts (MW), d’une longueur de 233 kilomètres, au coût d’un milliard de dollars US.

La ligne NECEC permettra à Hydro-Québec d’exporter 9,45 térawattheures (TWh) d’électricité par année au Massachusetts pendant 20 ans.

NextEra Energy conteste en appel devant la Cour suprême du Maine une décision rendue plus tôt cette année par la Commission des services publics du Maine, qui n’a pas jugé bon d’entendre la voix de producteurs gaziers comme source alternative à l’énergie renouvelable d’Hydro-Québec.

«L’ordonnance de la Commission est entachée d’erreurs juridiques qui vont à l’encontre des mandats explicites et de l’intention de la législature du Maine», ont notamment plaidé les avocats de NextEra Energy.

Mardi, personne chez NextEra Energy n’était disponible pour commenter le dossier.

Hydro-Québec confiante

Chez Hydro-Québec, on soutient que de nombreux producteurs américains ont intérêt à ralentir le processus d’autorisation de la ligne à haute tension de 1200 MW vers le Massachusetts.

«Les initiatives qui visent à réduire la dépendance de la région aux combustibles fossiles rencontrent de la résistance de la part des gazières. Un seul jour de délai pour le projet d’Hydro-Québec représente des millions de dollars dans leurs coffres», a fait savoir hier un porte-parole d’Hydro-Québec, Serge Abergel.

La société d’État dit toutefois demeurer convaincue «du bien-fondé de la décision» de la Commission des services publics du Maine.

Le contrat avec le Massachusetts devrait rapporter à Hydro-Québec tout près de 10 milliards de dollars de revenus sur 20 ans, soit environ 500 millions de dollars par année.

Du travail à faire

La partie est toutefois loin d’être terminée pour le projet NECEC, puisque les promoteurs doivent recevoir encore cinq autorisations, dont celles de la Commission des services aux collectivités du Maine, du Département de la protection environnementale du Maine et du Département fédéral de l’Énergie.

Si le projet NECEC est refusé, le contrat de 10 milliards de dollars d’Hydro-Québec avec le Massachusetts tombera à l’eau.

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