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Talonné sur l’avortement, Scheer trébuche

TVA Nouvelles et Agence QMI

Après avoir été attaqué par ses adversaires dès le début du «Face-à-Face 2019», le chef conservateur Andrew Scheer a été talonné de questions sur l’avortement.

Lors du point de presse suivant le débat, plusieurs journalistes ont questionné le chef conservateur sur sa position personnelle sur cet épineux dossier.

«C’est important de reconnaitre le fait qu’au Canada c’est essentiel pour notre premier ministre de ne pas rouvrir ce débat», a-t-il répondu.

Malgré l’insistance des médias, le chef n’a jamais exprimé ses convictions personnelles. Il a toutefois évoqué le fait qu’il est de confession catholique, mais a dit être prêt à gouverner de façon objective.  

«C’est de reconnaitre le fait que notre société est laïque, un premier ministre doit gouverner pour tous les Canadiens», a-t-il précisé.

Une journaliste a demandé à Scheer ce qu’il ferait si une de ses proches devait avoir à subir un avortement.

«C’est essentiel de respecter le fait d’avoir une position personnelle. Nous avons 37 millions de Canadiens, il n’y a pas de consensus. Ce débat ne va pas être rouvert», a tenté de conclure le chef conservateur.

La journaliste a lâché que ce n’était toujours pas clair.

Lancement des hostilités

Dès le premier échange à quatre, le chef libéral Justin Trudeau a sauté sur l’occasion de talonner M. Scheer sur cette question délicate pour le conservateur, connu pour être un fervent catholique.

«C’est important pour les gens de savoir, personnellement, si vous, Andrew Scheer, croyez que les femmes devraient avoir le choix», a lancé M. Trudeau.

M. Scheer avait d’abord été forcé de réitérer qu’il n’avait pas l’intention de rouvrir le débat sur l’avortement s’il est porté au pouvoir le 21 octobre.

Dans un premier échange à deux avec le bloquiste Yves-François Blanchet, M. Scheer est demeuré vague sur ses opinions personnelles et s’en est tenu à dire qu’il voterait contre toute proposition législative d’un de ses députés visant à ramener la question de l’avortement sur la table.

«Il n’y a pas de changement de position là-dessus», a insisté le chef conservateur.

«Rien n’a changé là-dessus sous l’ancien gouvernement conservateur, rien n’a changé sous l’actuel et rien ne changerait sous un futur gouvernement conservateur», a-t-il ajouté.

Saisissant la balle au bond, M. Trudeau a soutenu qu’il comprenait l’intention de M. Scheer de respecter le droit canadien, mais que cela n’était pas une réponse satisfaisante pour les électeurs canadiens.

«La réalité, c’est que des gouvernements et des premiers ministres sont élus pour défendre la loi et parfois la changer», a-t-il fait valoir.

«Vous cachez vos valeurs et convictions personnelles, M. Scheer», a-t-il ajouté à l’adresse de son adversaire.

Pressé de questions sur le même enjeu par M. Blanchet et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh, le chef conservateur a maintenu sa ligne.

«Il y a beaucoup de Québécois et de Canadiens avec beaucoup de différentes perspectives sur cette question. C’est normal dans une population de 33 millions de personnes», s’est-il toutefois avancé.