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TikTok n'ouvre pas sa porte aux publicités politiques

Agence France-Presse

Du divertissement, pas de la politique: le réseau social de partage de vidéos TikTok a annoncé qu'il n'autoriserait pas les publicités de nature politique, alors qu'il est accusé par certaines organisations de censurer certains sujets comme les manifestations à Hong Kong.

Propriété du groupe chinois ByteDance, mais basée en Californie, la plateforme lancée il y a trois ans a construit sa popularité auprès des ados et pré-ados sur le partage de courtes vidéos originales, comme des karaokés ou des défis.

L'application s'est progressivement ouverte à la publicité, mais «nous avons l'intention de respecter les raisons pour lesquelles nos utilisateurs adorent TikTok: ce sentiment léger et irrévérencieux qui en fait un endroit vraiment sympa à fréquenter», indique Blake Chandlee, vice-président des partenariats internationaux, dans un communiqué en ligne.

«Dans cet esprit, nous avons choisi de ne pas autoriser les publicités politiques sur TikTok (...) qui ne s'intègrent pas, à notre avis, à l'expérience de la plateforme», explique-t-il.

Les publicités visant à soutenir ou rejeter des personnalités politiques ou des idées politiques n'auront donc pas leur place sur «l'appli» qui revendiquait 500 millions d'utilisateurs l'année dernière.

Les plateformes sociales comme Facebook, Twitter ou YouTube sont régulièrement accusées de servir de véhicule à des campagnes de désinformation ou de manipulation des utilisateurs, après des scandales d'interférence étrangère, via les réseaux, dans des scrutins américains et britanniques en 2016.

Facebook, notamment, a resserré les règles sur les publicités politiques pour tenter d'empêcher d'autres abus.

TikTok, de son côté, est soupçonnée de pratiquer la censure par plusieurs journaux anglophones, qui s'étonnent d'y trouver très peu de vidéos sur les manifestations hostiles à Pékin, qui se déroulent à Hong Kong depuis plusieurs mois.

«Le populaire réseau social TikTok demande à ses modérateurs de censurer les vidéos qui mentionnent Tiananmen, les revendications pour l'indépendance tibétaine ou le groupe religieux interdit Falun Gong, d'après les lignes directrices (que nous avons consulté)», affirmait fin septembre The Guardian, un quotidien britannique.

TikTok a passé début 2019 la barre du milliard de téléchargements dans le monde, sans compter la Chine (où l'appli équivalente s'appelle Douyin), d'après le cabinet Sensor Tower.

Son succès chez les jeunes nourrit régulièrement des inquiétudes, l'application étant confrontée en partie aux mêmes dérives que les autres réseaux sociaux, comme le harcèlement, leur utilisation comme terrain de chasse par des pédophiles, la mise en danger via des vidéos de défis, etc.

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