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Trois enseignantes, dont une catholique, contestent la loi 21

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SIMON CLARK /JOURNAL DE QUEBEC /AGENCE QMI

Trois enseignantes, une catholique et deux musulmanes, contestent à leur tour la Loi sur la laïcité de l’État, sous prétexte qu’elle viole la Constitution et qu’elle brime leur dignité.

« En excluant les personnes religieuses portant certains signes ou objets de nombreux postes ou en leur interdisant tout changement de fonction ou d’organisation, la loi entrave de façon significative leur droit constitutionnel au libre exercice de la religion », peut-on lire dans une poursuite civile déposée récemment au palais de justice de Montréal.

Andréa Lauzon, Hakima Dadouche et Bouchera Chelbi sont trois enseignantes qui travaillent déjà pour une commission scolaire. Mais l’impossibilité de conserver leurs signes religieux si elles changent de poste leur pose problème, disent-elles.

Foi catholique

C’est le cas de Mme Lauzon, dont la foi est indissociable de son identité, affirme-t-elle dans le document de cour.

C’est qu’elle porte en tout temps un médaillon de la Vierge Marie et un crucifix « tous deux bénis par un prêtre », un chapelet, des feuillets de prière et une carte demandant de contacter un prêtre en cas d’urgence, afin de recevoir les derniers sacrements.

« Ces objets lui permettent entre autres de se rappeler la présence de Dieu au quotidien [et] d’implorer la protection divine », relate-t-on dans le document de cour.

Mme Dadouche et Mme Chelbi sont pour leur part musulmanes et portent toutes deux le voile.

« Le port du hijab donne à Mme Chelbi un sentiment de plénitude qui lui permet d’affirmer sa liberté et son autonomie », indique la poursuite civile.

Contradiction

Pour ces femmes, la loi est en contradiction avec le concept de la laïcité déjà tranché par la Cour suprême du Canada, qui inclut l’égalité de tous les citoyens et citoyennes.

« La loi entrave également le libre exercice de la religion, car elle stigmatise les croyants qu’elle rend indignes d’être vus, en rendant directement suspects les vêtements portés par toute personne ayant des convictions religieuses », arguent-elles, en ajoutant que le gouvernement provincial a outrepassé ses compétences.

Elles demandent donc au tribunal de déclarer la loi 21 contraire aux chartes canadienne et québécoise, ou au minimum de bannir l’article interdisant le port de signes religieux chez certains fonctionnaires de l’État.

Les trois enseignantes réclament 500 $ chacune à titre de dommages-intérêts.

Comme il serait étonnant que le gouvernement plie l’échine, la demande des trois femmes sera présentée prochainement à un juge de la Cour supérieure du Québec.

Le Conseil national des musulmans canadiens et l’Association canadienne des libertés civiles, deux organismes ontariens, contestent déjà la loi devant les tribunaux.

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