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Un conflit d’intérêts mine l’étude sur la viande rouge

Agence QMI

Grilled beef steak ribeye on wooden cutting board.

nadianb - stock.adobe.com

L’étude «indépendante» concluant sur la non-nocivité de la viande rouge et conseillant aux adultes de continuer leur consommation actuelle ne serait pas si indépendante, selon le «New York Times».

D'après le quotidien américain, l’auteur principal de l’étude, Bradley C. Johnston, épidémiologiste à l’université Dalhousie, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, aurait «menti» dans sa déclaration de conflits d’intérêts.

Le scientifique avait indiqué n’avoir aucun conflit avec ses recherches dans les trois dernières années.

Le «New York Times» a toutefois découvert que le Dr Johnston avait mené une étude en décembre 2016 qui essayait de discréditer les guides alimentaires internationaux conseillant aux gens de manger moins de sucre.

L’étude avait été financée par l’International Life Sciences Intitute (ILSI), une grappe d'entreprises agroalimentaires et pharmaceutiques, parmi lesquelles se retrouvent MacDonald’s, Coca-Cola, Pepsi et Cargill, une entreprise majeure dans l’industrie bovine en Amérique du Nord.

L’ILSI, fondé par un dirigeant de Coca-Cola, est accusé par l'Organisation mondiale de la santé de saper les recommandations de santé publique au profit des intérêts de ses entreprises.

L’étude sur la viande rouge, publiée dans l’«Annal of Internal Medecine» a ébranlé le monde scientifique en remettant en cause le consensus scientifique établi depuis des décennies sur les risques accrus de leur consommation sur les maladies cardio-vasculaires et les cancers.

Un grand nombre de nutritionnistes et d’organisations de santé ont critiqué la méthodologie et les conclusions de cette étude. L’équipe de recherche s’était alors défendu d’avoir mené une recherche respectant les plus hauts standards et ont souligné l’indépendance des scientifiques, tant financières que sur les conflits d’intérêts.

Dans une entrevue accordée au «New York Times», Bradley C. Johnston s’est justifié en indiquant que l’ILSI n’avait eu aucune influence sur l’étude publiée cette semaine et que le papier publié en décembre 2016 n’entrait pas en compte lors de la déclaration des conflits d’intérêts, car l’argent de l’ILSI avait été reçu passé le délai de trois ans.

«Cet argent est arrivé en 2015, donc c'était en dehors de la période de trois ans pour la divulgation des conflits d'intérêts ", a déclaré le Dr Johnston. Je n'ai aucune relation avec eux.»

En sciences nutritives, il est difficile de conclure à la nocivité des aliments en raison des limites méthodologiques et éthiques des essais à long terme.

Ainsi, les nouvelles recommandations d’une seule étude ne devraient pas remettre en cause les recommandations en vigueur et établies par le consensus scientifique.

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