/news/tele

«Révolution»: la résilience par la danse

Samuel Pradier | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE / OSA

Brayan et Dilan Yambo ont démontré toute la beauté de la résilience, lors de la troisième ronde des auditions de «Révolution», dimanche soir, à TVA.

Les jumeaux, originaires de la République démocratique du Congo, ont su gagner le coeur des maîtres avec leur performance hip-hop.

L’enfance des frères Brayan et Dilan Yambo n’a pas été la plus facile. «Quand on était petits, notre mère était danseuse dans un groupe qui accompagnait le chanteur JB Mpiana, explique Dilan. On la voyait souvent danser à la télé, elle était comme une vedette au Congo. On la regardait et on disait qu’on voulait danser comme elle. Mais dans notre pays, on n’avait pas les moyens de suivre des cours de danse.»

Leur existence a pris un virage plus tragique en 2005. «Notre mère voyait que les conditions étaient difficiles au Congo, poursuit Brayan. On n’avait pas à manger tous les jours. Lorsqu’elle est venue avec son groupe de danse au Canada, elle a décidé de rester ici. Quand on l’a appris, on a été vraiment tristes parce qu’on on n’avait plus de mère, ni de père. Il nous avait déjà abandonnés. Mais elle nous a rapidement appelés pour nous dire qu’elle allait nous parrainer pour nous faire venir au Canada.»

Le processus a toutefois été long. «On vivait entre autres chez notre tante, on changeait souvent de maison. On n’avait aucune stabilité.»

Les jumeaux Yambo sont finalement débarqués pour entamer une nouvelle vie au Québec, le mercredi 5 juillet 2012, une date importante dont ils conservent un souvenir intact.

Les études d’abord

Brayan et Dilan se sont rapidement intégrés et ils ont commencé à suivre des cours de hip -hop, démontrant une certaine facilité. Les études restent néanmoins leur priorité, leur ambition étant de se rendre jusqu’à l’université.

«Au début, on faisait beaucoup de sport, mais petit à petit, on a tout laissé tomber pour ne garder que la danse, avoue Dilan. Actuellement, on est en secondaire 5 dans un programme enrichi en physique et chimie. On se concentre sur les études et sur la danse, on n’a même plus le temps d’aller jouer à des jeux vidéo avec nos amis.»

Pour leur audition, les gars se sont inspirés d’une histoire personnelle. «Il y a deux ans environ, c’était la première fois qu’on me trompait, confie Dilan. Je ne savais pas comment réagir, Ça m’a fait très mal. On n’oublie jamais la première fois. Cette chorégraphie a été un bon moyen pour moi d’exprimer à travers la danse ce que je ressentais l’intérieur.»

Ils ont eu raison de choisir ce thème puisqu’ils ont reçu une pluie d’éloges de la part de Jean-Marc Généreux («On parle de créativité émotive, ¨Révolution¨ a besoin de vous.») et des Twins (« Vous êtes magnifiques, deux superhéros, j’adore!»).

Les jumeaux, qui font toujours tout à ensemble, gardent quand même la tête froide. Leur but dans l’émission? «On aimerait que le public découvre notre talent, et qu’il comprenne qu’on n’a pas toujours eu une vie facile. On revient de loin.»

Simon Maillet, 20 ans, Edmundston (N.B)

 

Pour Simon Maillet, danser est une façon de communiquer ses émotions. «La danse me permet d’exprimer des choses que je voudrais dire ou écrire. Toutes les émotions que je ressens dans mon quotidien, les frustrations ou les sentiments plus difficiles, la danse me permet de relâcher tout ça, en y ajoutant un côté artistique. Je pense même que c’est plus puissant que parler ou écrire, car tout le corps est impliqué.»

C’est son père qui l’a poussé à faire de la danse. «J’étais en quatrième année lorsque mon père m’a proposé de faire des cours de danse, car il avait vu mon talent athlétique et artistique. Plusieurs garçons de mon école prenaient des cours de danse, mon père m’a encouragé à m’y inscrire aussi.»

Depuis, la danse est devenue une passion pour Simon, étudiant à l’université. «Pour l’audition de ¨Révolution¨, mon but était de montrer une combinaison de plein de choses qui me caractérisent: la force, la musculature, l’athlétisme, la créativité et la fragilité en même temps.»

Guillaume Michaud, 24 ans, Montréal

 

Danseur professionnel, Guillaume Michaud a vu plusieurs de ses amis à «Révolution», l’an dernier, alors qu'il était en Chine pour honorer un contrat. De retour à Montréal, il a décidé de se lancer dans l’aventure.

«Je veux montrer qui je suis, ma vision de la danse, sans aucune retenue, ni censure. Je comprends que c’est une émission de télévision plus qu’une compétition, que les gens veulent être impressionnés, voir des athlètes. J’ai envie de rendre commercial quelque chose qui est plus artistique, je veux montrer des chorégraphies plus recherchées, et présenter des choses auxquelles le grand public n’a pas forcément accès.»

Ayant grandi dans une famille de quatre garçons, tous joueurs de hockey, il s’est rapidement démarqué par sa passion pour la danse. «C’est beaucoup d’argent, et il a fallu que je prouve que c’était une passion à un niveau où je voulais en faire une carrière. J’ai fait beaucoup de sacrifices. En fait, c’est juste de dire que j’ai choisi la danse au lieu d’une adolescence normale.»

Sa performance a fait dire à Lydia Bouchard: «Tu as un niveau de jeu et de danse extraordinaire.» Mais Guillaume reste humble. «J’essaie d’avoir le moins d’attentes possible pour ne pas être malheureux. J’utilise cette émission pour partager mon art. C’est une des premières fois dans ma vie où je peux travailler sur moi-même comme danseur, personne ne me dit quoi faire. Je me mets dans une position très vulnérable.»

Ophélie Bégin, 13 ans, Québec

 

Depuis qu’elle a suivi ses premiers cours de danse, Ophélie ne vit que pour la danse. «Je suis actuellement en sport-études en danse. Je vais à l’école le matin, je suis au studio de danse en après-midi, et je prends aussi des cours les soirs et les fins de semaine. Je passe environ une trentaine d’heures à faire de la danse par semaine.»

Il y a cinq ans, elle a participé à l’émission «La France a un incroyable talent» jusqu’à la veille des demi-finales. Alors que sa sœur, Ann-Florence, a été placée au ballottage par les maîtres, dimanche, Ophélie a su les subjuguer. «Tu es très mature, a analysé Larry des Twins. Tu dansais et tu comprenais ce que tu faisais.»

La jeune adolescente est encore stupéfaite des commentaires qu’elle a reçus. «De voir que les maîtres étaient émus et ont adoré ma performance, j’étais en larmes. J’étais très confiante et fière de moi. C’était une performance inoubliable, et c’est incroyable de se faire dire d’aussi bons commentaires.»

Les candidats retenus ce dimanche:

- Yulia et Misha, 23 et 22 ans, Montréal

- Digital Animators, 20 et 21 ans, Sainte-Julie et Saint-Bruno

- Simon Maillet, 20 ans, Edmundston, au Nouveau-Brunswick

- Rockwell Family, 25 à 39 ans, Beloeil

- Corpus Collective, 21 à 29 ans, Montréal

- Les Yambo, 16 ans, Montréal

- Guillaume Michaud, 24 ans, Montréal

- Ophélie Bégin, 13 ans, Québec

- Ann-Florence Bégin, 11 ans, Québec (ballottage)

- Énola Bédard, 18 ans, Montréal (ballottage)