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La prison pour un jaloux qui a simulé une attaque sur sa copine

Jonathan Tremblay - Le Journal de Montréal

Real Judges Or Auctioneer Gavel On The Black Wooden Table

Stock Adobe

Un criminel qui n’acceptait pas que sa conjointe se prostitue durant leur relation purge une peine de prison de plus de huit mois pour avoir inutilement causé un grand déploiement policier.

Andrew Grant Proctor, 52 ans, était prêt à tout pour que sa conjointe cesse ses activités. Il s’est toutefois fait prendre à son propre jeu, quand il a composé le 911, le 11 janvier dernier.

« Il n’avait pas anticipé que la police de Montréal allait prendre la menace au sérieux », peut-on lire dans un jugement récemment déposé au palais de justice de Montréal.

Frustré que sa copine ne réponde pas à ses appels ce matin-là, alors qu’il était en Ontario, l’accusé a faussement affirmé avoir été témoin d’une scène inquiétante impliquant une arme à feu, dans une chambre du motel Metro, dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville.

Gros déploiement

Son amoureuse, une travailleuse du sexe dont l’identité est frappée d’une ordonnance de la Cour, y rencontrait généralement des clients. L’homme a aussi ajouté avoir entendu des cris.

Il n’en fallait pas plus pour que les autorités y dépêchent une impressionnante cavalerie. Même une équipe du Groupe tactique d’intervention (GTI) s’y est rendue.

Quand les policiers ont fait irruption dans ladite chambre, armes au poing, la femme était en compagnie de deux individus. Il n’y avait toutefois aucun danger apparent.

Cette opération a coûté 15 430 $ aux contribuables, est-il estimé dans la décision.

« Égoïste »

Le tribunal a qualifié la supercherie de l’accusé de « stupide et égoïste ».

C’est pourtant comme client que Grant Proctor avait rencontré cette femme en 2018. Un troisième parti avait payé pour les regarder durant l’acte.

Le duo a par la suite développé une relation amoureuse. Mais leurs « personnalités abrasives », entre autres, les avaient menés vers de multiples séparations.

L’accusé s’est alors mis à bombarder sa victime de messages d’insultes, allant jusqu’à lui souhaiter une mort souffrante.

Incarcéré 22 fois depuis 1988, Grant Proctor a tenté de convaincre le juge Dennis Galiatsatos qu’il désirait s’assurer de la sécurité de sa conjointe, en contactant la police.

Or, celui-ci ne l’a pas cru, en plus de le sermonner sur le fait qu’il connaissait son métier dès le départ.

Cette histoire lui a valu d’être déclaré coupable de harcèlement criminel sur son ancienne flamme. Il s’est depuis pris une peine d’emprisonnement clémente, aux yeux du magistrat, de huit mois et trois semaines.

« Un autre juge ne serait probablement pas aussi indulgent dans le cas d’une seconde offense », a-t-il précisé.