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«Yamaska»: trois histoires bouleversantes

Marie-France Bornais | Agence QMI

Après avoir captivé des millions de téléspectateurs et des milliers de lecteurs, l’aventure de la télésérie «Yamaska» se poursuit cet automne avec trois nouveaux romans inspirés de personnages plus jeunes : «Alicia», «Ingrid» et «Marie-Pier».

Action, grandes émotions, retournements inattendus, intrigues : Anne Boyer et Dominique Drouin proposent une suite très attendue de ce méga succès.

Après l’énorme succès de «Réjanne», «Hélène» et «Julie», trois romans campés deux ans après la fin de la série télé, ce sont les vies de trois jeunes personnages de la série qui sont maintenant racontées, neuf mois plus tard.

Alicia, de retour au travail après son congé de maternité, jongle avec les défis de la conciliation travail-famille. Elle se lie d’amitié avec la flamboyante Valérie... mais découvrira à ses dépens les affres d’une amitié toxique.

Ingrid tente de surmonter les dégâts causés par son infidélité. Au hasard d’une sortie, elle a un véritable coup de foudre pour une fillette en foyer d’accueil, Mélina.

Rêvant de fonder une famille, Ingrid et Olivier s’inscrivent dans la banque mixte pour l’adoption, une démarche qui sera difficile et marquée par des moments angoissants.

Marie-Pier et Brian s’investissent à fond dans la création d’un nouveau site web. Brian est invité à accompagner son père dans un voyage de pêche au Saguenay. À la dernière minute, une rage de dents l’empêche de partir, et il cède sa place à Marie-Pier. La vie de la jeune femme sera bouleversée à jamais après un écrasement d’hydravion.

Des «triplés»!

Anne Boyer et Dominique Drouin sont très fières de leurs nouveaux «bébés». «On accouche par triplés, nous!», dit Anne avec humour. «On est bien contentes! Ç’a été beau et bon, tout le long», commente Dominique.

Elles ont beaucoup apprécié la réaction du public pour «Réjanne», «Hélène» et «Julie». Chacun des romans a été vendu à plus de 20 000 exemplaires. La tournée de promotion qui a suivi leur parution, le printemps dernier, a permis aux auteures de rencontrer beaucoup de lecteurs.

«On a passé du bon temps. C’est l’fun, quand tu es auteure, d’aller à la rencontre du monde, parce qu’on est pas mal solitaires!», commente Anne Boyer.

La scénariste et romancière avait l’intuition que les gens allaient s’intéresser au destin des personnages de «Yamaska».

«On s’est côtoyés sur Facebook pendant plusieurs années, les téléspectateurs et moi. On avait des cotes d’écoute intéressantes. J’avais l’intuition que les gens voudraient savoir la suite... mais le succès a été bien plus retentissant que ce que je pensais, pour être franche!»

Dès l’été 2018, Anne et Dominique se sont de nouveau rivées à leur écran d’ordinateur pour écrire les trois nouveaux romans. Le plaisir fut au rendez-vous, encore une fois, de la conception au produit final.

«Dominique a écrit Alicia, j’ai écrit Ingrid, et on a écrit Marie-Pier à deux, comme on a fait pour les trois premiers. C’était un processus agréable d’écrire ensemble. Ce sont des histoires complètement nouvelles. Même si tu n’as pas écouté la série, tu es capable de lire les romans et les comprendre.»

Pas de suite télé

Il n’est pas question que les six romans publiés soient adaptés à l’écran pour faire une suite de la télésérie «Yamaska». «La série télé, nous l’avons arrêtée, Michel et moi, parce qu’on avait fait le tour de ces personnages et de cet univers-là. La suite en roman, c’est parti de moi, qui avais le goût d’écrire des romans. J’avais le goût de faire autre chose.»

Des coïncidences avec l’actualité

Anne Boyer et Dominique Drouin ont un don pour raconter des histoires qui apparaissent comme des tranches de vie de gens qui habitent vraiment dans la région de Granby — ou ailleurs au Québec. Leurs personnages sont confrontés à des situations plausibles, même si elles sont parfois poussées à l’extrême pour les besoins du roman.

L’adoption, les conflits, la maladie, les amitiés toxiques, les hauts et les bas de la vie de couple, les défis professionnels, les unions avec une personne d’une autre nationalité : beaucoup d’aspects de la vie quotidienne des gens sont abordés avec intensité dans les trois nouveaux romans. D’autres drames se collent malheureusement à l’actualité.

Où trouvent-elles leur inspiration? «Mon dieu... je pense qu’on est des vampires, ne le dis pas à personne!», s’exclame Anne Boyer avec humour. «Il y a des histoires qui se sont imposées. Ingrid avait fait deux fausses couches dans le livre d’Hélène. Je trouvais que la suite logique, comme elle avait décidé de ne pas avoir de famille, était d’adopter un enfant en foyer d’accueil. C’est ce qui est venu spontanément.»

Ce qu’elle ajoute est étonnant. «J’ai fini d’écrire ce livre en février et quelques mois plus tard arrivait l’horreur de la bambine de Granby. Rien de tout ça n’était arrivé quand j’ai écrit le roman : c’est un hasard.»

D’ailleurs, une copine d’Anne Boyer est famille d’accueil et lui a raconté beaucoup de choses. «Je trouve que les histoires d’adoption, c’est un sujet très riche. Je suis adoptée, moi, en plus, donc j’aime les histoires d’adoption.»

Pour Alicia, les auteures avaient envie d’explorer la thématique des amitiés toxiques. «Il y a des gens qui abusent et qui vont toujours trop loin», note Anne. Dominique est du même avis : «On veut avoir des situations réalistes et populaires.»

Les auteures ont-elles des antennes? Par pure coïncidence, d’autres thèmes abordés dans les romans se sont retrouvés au cœur de l’actualité, après leur période d’écriture.

«Il me semble qu’il y a eu plus d’écrasements de petits avions et d’hydravions cet été», note Anne. «C’est ce qui se passe dans le roman de Marie-Pier.» «Ce qui lui arrive n’est vraiment pas drôle», ajoute Dominique.