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La reconnaissance faciale pour faire chuter la facture du centre de prédédouanement

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Québec

La facture pour la construction d’un centre de prédédouanement américain «traditionnel» à l’aéroport de Québec est estimée actuellement à 75 millions $. Pour atténuer les coûts, la direction suggère l’utilisation de la reconnaissance faciale.

 «C’est une infrastructure incontournable pour le succès à moyen et à long terme de l’aéroport. On doit le faire. Cependant, on trouve la facture extrêmement salée», concède au Journal le président et chef de la direction, Stéphane Poirier.

Cela fait maintenant plus de 10 ans que l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) souhaite obtenir un centre de prédédouanement américain. L’un des points de friction des dernières années avec Ottawa était la question du salaire des douaniers.

Frais

Au printemps dernier, YQB a finalement fait savoir au fédéral qu’elle accepterait de payer ces frais. Dans une lettre, l’Aéroport a également demandé à Ottawa de mettre en place le cadre législatif qui allait permettre la sortie de terre de l’infrastructure.

Ce qui a été complété cet été pour la construction d’un centre de prédédouanement américain «traditionnel», comme on retrouve à Toronto ou à Montréal.

La différence, c’est que YQB doit assumer les salaires, les avantages sociaux et les indemnités de déménagement des employés des douanes américaines. Ces conditions des États-Unis ne sont en vigueur que depuis 2015.

«Pour nous, un modèle traditionnel représente 100 000 pieds carrés additionnels et 16 douaniers supplémentaires. Ce sont des coûts très élevés», avance M. Poirier. «Par an, cette infrastructure représente des coûts opérationnels d’environ 10 millions $», poursuit celui qui ne veut pas d’une installation qui sera désuète d’ici cinq ans.

Des exemples

C’est pourquoi il aimerait s’inspirer de certains aéroports, notamment à Miami et à Detroit, qui testent actuellement des concepts de reconnaissance faciale pour la construction de son centre de prédédouanement américain. Une solution qui «faciliterait» la vie aux voyageurs et qui ferait chuter la facture du projet.

«Cette infrastructure serait beaucoup plus minime que les 100 000 pieds carrés exigés. Le fédéral nous dit qu’il n’a pas de cadre législatif pour faire cela. Nous leur avons proposé de faire un projet pilote à Québec», répond le président.

Selon lui, en plus d’économies considérables sur la construction du bâtiment, cette option permettrait d’améliorer l’expérience des voyageurs. Les Américains auraient aussi la possibilité de tester leur technologie en sol canadien. L’impact pourrait également se faire sentir sur la masse salariale des travailleurs américains.

«Le modèle traditionnel vous met dans un bocal, soit la zone américaine. Avec la reconnaissance faciale, vous pouvez passer la sécurité et rejoindre les autres passagers dans le terminal. C’est une solution mieux adaptée pour la réaliser de Québec. On regarde tout de même toujours les deux modèles», explique M. Poirier qui a eu des discussions avec différents ministres sur ces possibilités.

Si les travaux pour l’aménagement du centre de prédédouanement américain «traditionnel» à l’aéroport de Québec débutaient aujourd’hui, il faudrait prévoir environ 36 mois avant l’ouverture des installations. La direction estime que tous les paliers gouvernementaux devront s’impliquer financièrement.

Rappelons qu’afin d’analyser le projet de centre de prédédouanement, l’aéroport avait mandaté en mai dernier une firme de consultants spécialisés dans les opérations douanières. L’objectif était de trouver des pistes de solution pour minimiser les coûts.