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Les taxis régionaux crient au complot

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Déçus des mesures dévoilées la veille, les propriétaires de taxis régionaux accusent le gouvernement Legault d’avoir conclu un «deal» en cachette avec Pierre Karl Péladeau pour favoriser Taxelco, dont il est devenu propriétaire en avril dernier.

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«Actuellement, ce n’est pas Uber la menace, mais c’est Taxelco», a déclaré en conférence de presse le porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec (ATRQ), Serge Lebreux, qui représente désormais 75 % de l’industrie.

L’AQTR considère les amendements présentés lundi comme «une forme de trahison», puisqu’ils ne reflèteraient pas du tout leurs dernières discussions avec le ministre François Bonnardel, qui s’étaient conclues par une poignée de main.

Selon eux, les nouvelles mesures annoncées par M. Bonnardel donneraient la possibilité à Taxelco, qui regroupe Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, d’ajouter des centaines de voitures dans les rues de Montréal.

«Je dirais qu’on s’est fait avoir», a résumé devant les journalistes l’ex-ministre des Transports péquiste Guy Chevrette, engagé par l’AQTR à titre de conseiller principal.

«Le ministre nous pousse vers une grève générale illimitée», a prévenu M. Lebreux.

Une annonce jugée «incomplète»

Leur association demandait à ce que le projet de loi 17 sur le transport rémunéré de personne soit amendé de façon à ce que les propriétaires de permis de taxi soient compensés de façon «plus équitable», soit en fonction de la valeur marchande.

Ils souhaitaient aussi que l’exclusivité des contrats gouvernementaux soit accordée à l’industrie traditionnelle du taxi, mais le ministre Bonnardel a préféré s’en tenir au transport adapté.

«Là, il faut arrêter les théories du complot», a réagi le ministre Bonnardel, avant de reprendre l’étude détaillée de son projet de loi en commission parlementaire.

Le ministre nie tout traitement de faveur et dit n’avoir eu aucune rencontre avec Pierre Karl Péladeau à ce sujet dans les derniers jours.

Pas de consensus

«C'est fort simple, il n'y a pas de consensus dans l'industrie du taxi au Québec», a constaté M. Bonnardel, qui croit les mesures annoncées lundi constituent tout de même «un grand pas en avant».

La veille, il disait pourtant que ses amendements faisaient «consensus dans l’industrie».

M. Bonnardel espère que les quelque 150 articles restants de sa pièce législative seront adoptés «d’ici demain soir» par les députés.

Le temps presse, puisque la loi lui empêche de reconduire à nouveau le projet pilote d’Uber, qui arrive à échéance lundi prochain.