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«On est aussi extrêmes que la situation»

TVA Nouvelles

En entrevue à «Québec Matin» sur les ondes de LCN, Louis Ramirez, coordonnateur aux communications d’Extinction Rebellion Québec a expliqué l’origine de leur geste de perturbation sur le pont Jacques-Cartier survenu mardi matin.

«La semaine de rébellion internationale est prévue depuis longtemps et il y a une cinquantaine de groupes à travers le monde qui se sont formés extrêmement rapidement» explique M. Ramirez.

En ce qui concerne le cas du pont Jacques-Cartier, Louis Ramirez affirme qu’il s’agit d’un geste de perturbation réfléchi.

«Les sciences sociales montrent que pour atteindre un changement, la perturbation est nécessaire», a-t-il ajouté.

Dans un communiqué paru plus tôt ce matin, le groupe condamne l’inaction des grands décideurs en pleine crise climatique.

En un an, le groupe d’Extinction Rebellion est passé d’une dizaine d’individus à un mouvement international.

Seulement à Montréal, 3 400 personnes ont donné leur adresse courriel pour prendre part au mouvement d’Extinction Rebellion en un an seulement.

Toujours selon M. Ramirez, une centaine de membres auraient affirmé être prêts à se faire arrêter par les autorités, «si ce sacrifice peut aider à sauver des enfants.»

Un geste extrémiste?

Questionné par rapport au geste revendicateur de mardi matin, qualifié par certains internautes d’«extrême», Louis Ramirez se montre catégorique.

«La science nous envoie un message qui est extrême et il faut agir à la hauteur. Donc, je ne pense pas que ce soit nous qui sommes extrêmes», affirme sans hésitation Louis Ramirez.

Le groupe de protestation n’ignore pas le fait que leurs gestes puissent cause plusieurs désagréments aux citoyens qui n’y prennent pas part, mais tient à souligner que là n’est pas leur intention.

«Personne ne se lève chez Extinction Rebellion en disant ‘’Bon, ce matin je vais aller embêter les gens’’», ironise M. Ramirez.

D’après le coordonnateurs aux communications, il est temps pour les gouvernements de se montrer honnête envers la population et de mesurer les possibles répercussions à venir, puisque «le message ne passe pas.»

«Selon la science, on aurait jusqu’à 2050 pour complètement transformer la société, ce qui passe par une coupure de 26% des GES par année», donne-t-il en exemple.

Davantage de GES à cause des détours?

Plusieurs internautes ont accusé l’organisation de contribuer aux GES en obligeant les automobilistes à emprunter des détours et à rouler davantage pour se rendre à destination.

«C’est négligeable par rapport à ce qu’il faut pour une mobilisation citoyenne. (...) Il faut commencer à élargir l’analyse et pas regarder ces gestes individuels», affirme Louis Ramirez.

D’autres perturbations à venir

Selon M. Ramirez, tant que les citoyens prendront conscience de la crise écologique, on peut s’attendre à ce que des gestes comme celui de mardi se répètent.

Les groupes revendicateurs autonomes se multiplieront dans les mois à venir, en commençant à la Ville de Québec.

«Ça va passer par la désobéissance civile non-violente», conclut Louis Ramirez.

Les militants écologistes d'Extinction Rebellion ont entamé lundi deux semaines d'actions coups de poing à travers le monde, à Londres, Sydney, New York ou encore Paris, pour dénoncer l'inaction «criminelle» des gouvernements face à la crise climatique, entraînant des centaines d'arrestations.