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Coups d’éclats écologistes: une stratégie douteuse selon des experts en communication

Pascal Dugas Bourdon - Le Journal de Montréal

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Des experts en communication consultés par Le Journal de Montréal sont divisés sur la stratégie utilisée par le groupe environnementaliste Extinction Rebellion, qui souhaite forcer les gouvernements à agir davantage dans la crise climatique.

Trois militants du groupe ont escaladé le pont Jacques-Cartier, hier, paralysant le lien routier entre Montréal et la Rive-Sud en pleine heure de pointe matinale.

« C’est vraiment se mettre la population à dos. C’est certain que vous ne serez pas populaires quand des milliers d’automobilistes qui se lèvent très tôt pour aller bosser de 9 à 5 se font bloquer sur un pont », indique Benoît Duguay, professeur titulaire à l’école des sciences de la gestion de l’UQAM.

Selon l’expert en communication, la stratégie est une erreur, d’autant plus que l’action choisie ne cadre pas avec l’intention des militants, juge-t-il.

« Il faudra m’expliquer en quoi causer un bouchon de circulation – donc créer plus de pollution – va aider à sauver la planète », fait remarquer M. Duguay.

Avis contraire

Toutefois, selon Sébastien Dallaire, directeur général de la firme de recherche marketing Ipsos, le groupe Extinction Rebellion pourrait avoir visé juste avec cette action, notamment quant au moment choisi.

« S’il y avait un moment clé pour faire un coup d’éclat du genre, c’était probablement en ce moment », a indiqué M. Dallaire.

« Leur objectif est probablement de garder l’environnement comme un enjeu durant la campagne électorale fédérale, et à ce point de vue là, on peut considérer qu’ils ont eu un certain succès », a-t-il précisé.

Message dilué

Mais pour Stéphanie Yates, professeure en communication à l’UQAM, les conséquences vécues par les automobilistes « diluent le message » que souhaitait faire valoir l’organisme.

« Ça se fait au détriment des usagers de la route, et c’est là que le bât blesse », a-t-elle expliqué.

« Le groupe dit prôner des gestes non violents. Mais on peut se demander si faire une telle intrusion dans le quotidien des usagers du pont n’est pas une forme de violence », a-t-elle ajouté.

 

 

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