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Uber est «bon pour l’environnement», dit Legault

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Simon Clark/Agence QMI

Après le troisième lien, au tour d’Uber d’être présenté comme étant bénéfique pour l’environnement par le premier ministre François Legault.   

C’est ce qu’a fait valoir le premier ministre lorsqu’il a été interpellé au Salon bleu par la chef parlementaire de Québec solidaire, sur le projet de loi concernant l’industrie du taxi et Uber, qui doit être adopté d’ici la fin de la semaine.  

M. Legault a notamment accusé Québec solidaire d’être «contre l’économie de partage», un nouveau modèle incarné notamment par Uber dans le secteur des transports.  

«L’économie de partage, c’est bon pour l’environnement», a répété M. Legault avant de se rendre au Conseil des ministres.  

Limiter les GES  

«À peu près tous les groupes environnementaux dans le monde sont pour l'économie de partage, a soutenu en Chambre le premier ministre, parce que ça permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ça permet de limiter les dommages sur l'environnement en étant plusieurs à utiliser les mêmes actifs.»  

«Pardon? Uber et cie sont nocifs pour l'environnement et la circulation», a réagi la députée solidaire Ruba Ghazal, en s’appuyant une étude dévoilée en mai dernier qui conclut que les bouchons de circulation ont empiré à San Francisco à cause d'Uber et Lyft.  

uberPOOL  

Les mêmes chercheurs ont toutefois reconnu, comme l’avance Uber, que le partage de trajets entre plusieurs clients aide à réduire la congestion. L’effet serait toutefois minime, selon eux.  

Une fois le projet de loi 17 adopté, Uber pourra offrir d’ici un an le service uberPOOL au Québec. À Toronto et à San Francisco, entre autres, les usagers ont la possibilité de partager une même course, ce qui est évidemment moins coûteux. Le projet-pilote d’Uber, qui se termine lundi, empêchait l'entreprise d’offrir ce service.  

Interrogé à ce sujet, le ministre des Transports, François Bonnardel, a souligné que cela contribuerait à réduire «l’auto solo».  

Photo Simon Clark

La CAQ recule sur un amendement  

«Le gouvernement est tellement pressé d'adopter ce projet de loi pour faire plaisir à Uber qu'il va trop vite, et, quand on va vite, bien, on commet des erreurs», a dénoncé de son côté Mme Massé.  

À l’instar de Québec solidaire et du Parti québécois, le député libéral Gaétan Barrette n’a pas manqué de souligner le recul qu’a dû effectuer le ministre des Transports à la suite du dépôt, tard mardi soir, d’un amendement qui aurait privé les chauffeurs de certains droits.  

«Cet amendement aurait privé les gens du taxi d'obtenir une compensation juste devant les tribunaux», a résumé Mme Massé.  

L’amendement controversé a finalement été retiré mercredi par M. Bonnardel, qui s’en est excusé.  

L’opposition dénonce «l’improvisation»  

«Le ministre s'est piégé lui-même dans sa propre improvisation, a commenté M. Barrette. C'est quand même quelque chose: déposer un amendement, être obligé de le retirer moins de 12 heures plus tard et s'en excuser publiquement...»  

«Un pas en avant, deux pas en arrière... Le gouvernement ne semble pas savoir où il s’en va exactement. [...] Visiblement, le gouvernement n’était pas prêt [...] a bâclé son travail», a déploré de son côté le député péquiste Joël Arseneau.  

Le gouvernement Legault a bon espoir de terminer l’étude détaillée du projet de loi 17 d’ici mercredi soir.  

Au début de la semaine, à peine une centaine d’articles avaient été adoptés sur 275. Au moment d’écrire ces lignes, il restait moins d’une dizaine d’éléments à débattre. Après 140 articles adoptés la veille, Québec solidaire, qui est ciblé par la CAQ depuis hier, a visiblement décidé de ralentir le rythme.  

En début de journée, Mme Massé avait offert au premier ministre «une dernière chance pour éviter le bâillon».  

Le projet-pilote encadrant Uber arrive à échéance lundi prochain. La loi actuelle empêche de le prolonger une troisième fois.