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Agressions sexuelles: Québec s'engage à abolir les délais de prescription

Catherine Bouchard | Journal de Québec

PQ Veronique Hivon

Simon Clark/Agence QMI

Le gouvernement provincial s’est engagé, jeudi matin, à déposer un projet de loi afin d’abolir le délai de prescription pour les recours civils pour les victimes d’agression à caractère sexuel d'ici juin prochain.

Cet engagement fait suite à une motion présentée hier par la députée péquiste Véronique Hivon, demandant au gouvernement de donner suite à la résolution unanime du 28 février 2019 sur l’abolition du délai de prescription en matière d’agression à caractère sexuel.

Cette motion a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale.

«On a voulu ramener ce dossier à l’avant-plan, car il est vraiment fondamental et là, on a précisé que l’on s’attendait au dépôt d’un projet de loi avec un échéancier ferme», précise la députée, ajoutant qu’elle s’attendait à ce que le projet de loi soit déposé beaucoup plus rapidement.

Mme Hivon s’explique mal pourquoi ce n’est pas encore fait, d’autant plus que la CAQ – alors qu’elle était dans l’opposition - avait déposé un projet de loi pour cette abolition.

C’est l’actuel leader parlementaire, Simon Jolin-Barrette, qui l'avait déposé.

«Notre inquiétude a vraiment augmenté au fil du temps parce que ça fait plus de six mois que cette motion a été adoptée à l’unanimité et qu’il n’y a toujours rien», poursuit la député, ajoutant qu’elle espère que le tout sera fait rapidement et, au plus tard, en juin prochain.

«Je pense que les victimes d’agressions sexuelles, notamment de prêtres pédophiles, qui ont souffert toute leur vie ont droit d’avoir une réponse», termine-t-elle.

Le porte-parole des victimes d’agressions sexuelles commises par des prêtres, Roger Lessard, espère que cet engagement se réalisera concrètement.

«J’espère qu’ils vont réagir, c’est une promesse électorale», rappelle l’homme qui accompagne plusieurs victimes depuis un bon nombre d’années.

«On a hâte. Ça fait un an qu’ils [La CAQ] sont élus et rien n’a encore bougé. On souhaite qu’ils passent à l’action. Une motion, ça ne donne rien, ça prend un projet de loi», termine-t-il.

De son côté, Gaétan Bégin, victime présumée d’un prêtre en Beauce alors qu’il était adolescent, attend de pied ferme le dépôt du projet de loi.

«C’est certain que le plus vite que ça va arriver, mieux ce sera. Je vais avoir 80 ans, et je veux pouvoir dire à mes arrières petits-enfants qu’il y a un système de justice au Québec», laisse-t-il tomber.