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Le Phare retardé de deux ans en raison du tramway, plus de 70 travailleurs perdent leur emploi

Jean-Michel Genois Gagnon | Le Journal de Québec

PHOTO COURTOISIE, LE GROUPE DALLAIRE

La Ville de Québec veut revoir au complet le pôle d’échanges du tramway sur Laurier, ce qui force le Groupe Dallaire à mettre le projet Le Phare sur la glace jusqu’en 2021. En raison de ce report, le promoteur est contraint de remercier plus de 70 travailleurs, a appris Le Journal.

«La Ville veut repenser l’ensemble du pôle d’échanges. Elle a mandaté une firme externe. Le Bureau de projet du réseau structurant estime que ce qui a été fait au cours des dernières années n’était peut-être pas optimal pour les différentes connexions», explique en entrevue au Journal le président et chef de la direction du Groupe Dallaire, Michel Dallaire.

Ce dernier ne cache pas que cette décision a toutefois un lourd impact sur son organisation. Il espère avoir la conclusion de l’analyse de la firme vers la fin 2020 ou même en 2021. Il ne serait toutefois pas question de déménager le pôle d’échanges à un autre site sur le boulevard Laurier, mais bien de repenser les plans et le design.

«Je dois avouer qu’ils n’ont pas tort. S’ils ne sont pas certains de la solution, c’est ce qu’il faut faire, car nous n’avons pas de place pour l’erreur», répond M. Dallaire, précisant que cette décision se traduit tout de même par la perte de 71 emplois. «Puisque les fondations vont changer, je ne peux plus avancer mes plans», dit-il.

Huit semaines

Les employés licenciés ont appris la mauvaise nouvelle, jeudi matin. Ils travaillaient au développement du complexe Le Phare, qui comprendra quatre tours, variant de 17 à 65 étages. Les avis de licenciement collectif ont été transmis au ministère du Travail.

Les compressions touchent le Groupe Dallaire ainsi que deux de ses filiales, soit Dalcon et Alpha Architecture. Les employés demeureront en poste pour les huit prochaines semaines. Un programme d’aide pour les accompagner dans leurs démarches pour dénicher un nouveau boulot a été mis sur pied.

«C’est un moment très difficile, mais je ne peux pas garder des gens à ne rien faire durant plus d’un an et demi. Cela m’empêche de dormir depuis plusieurs soirs. Nous avions embauché du monde pour Le Phare. Nous devions maintenant construire», souligne au Journal l’homme d’affaires, qui a multiplié les échanges avec la ville.

«Aujourd’hui, on peut dire que c’est certain que le projet ne démarrera pas avant 2021. On va continuer de supporter les dépenses et les taxes pour le terrain», ajoute-t-il.

Galerie marchande

Groupe Dallaire, qui compte 647 travailleurs, estime que l’impact de ce délai se fera aussi sentir sur la location des espaces commerciaux dans Le Phare. La direction affirme qu’elle avait des lettres d’intention de signées avec des locataires. Sans plan pour le pôle d’échanges, elle n’est toutefois plus en mesure de diviser sa galerie marchande.

Puisque les modifications ne toucheront pas l’apparence du complexe, le promoteur ne sera pas forcé de refaire l’ensemble du processus pour obtenir l’approbation du projet, notamment avec la Commission d’urbanisme.

Par ailleurs, la répartition des coûts pour le pôle d’échanges et l’aménagement des rues aux alentours n’est toujours pas réglée.

Le printemps dernier, M. Dallaire avait bon espoir de pouvoir réaliser la première pelletée de terre vers la fin de l’été ou le début de l’automne.

En attendant de pouvoir démarrer Le Phare, Groupe Dallaire souhaite poursuivre ses autres projets résidentiels dans la grande région de Québec, entre autres, à Beauport où il reste 900 portes à construire et à Charny, un projet de 8000 unités. L’entreprise développera aussi l’Espace innovation Chauveau.

Le promoteur veut également nettoyer le site du Phare au printemps prochain en attendant le début des travaux.