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Les propriétaires et chauffeurs de taxi dans une impasse

Jérémy Bernier | Journal de Québec

«Il [le gouvernement] joue avec nous comme il veut, c’est assez. On n’est plus capable!», en lancé le propriétaire de taxi Brahim M’Rabet, éclatant en sanglots.  

De nombreux chauffeurs et propriétaires du taxi étaient réunis, jeudi matin, devant l’Assemblée nationale du Québec pour exprimer leur mécontentement quant à l’adoption du projet de loi 17 qui devrait se faire au courant de la journée.

Si la commission d’étude tarde à adopter le texte du projet de loi 17, le premier ministre, François Legault, pourrait avoir recours au bâillon pour en forcer l’adoption.

«Une loi qui pourrait être adoptée de force, c’est une forme de dictature! Il y a de l’inquiétude parmi les 22 000 familles qui travaillent dans l’industrie du taxi, on est dans une impasse», a déploré Omar Berri, propriétaire de Hypra Taxi, au travers du son cacophonique des klaxons.

«On demande à M. Legault d’y aller avec son cœur. De ne pas seulement penser au côté monétaire, mais aussi au côté humain», a laissé tomber le président de Taxi Coop Sainte-Foy Sillery, Joseph Féghali.

Aucun gagnant

L’Association des taxis de la région de Québec (A.T.R.Q.) a rappelé qu’elle désirait conserver les mêmes quotas de taxis par agglomération, ce que le projet de loi 17 veut abolir. Ce qui aurait comme impact d’augmenter considérablement le nombre de taxis dans les grands centres et de le diminuer dans les régions.

«C’est néfaste pour les chauffeurs parce qu’ils auront beaucoup plus de compétitions dans les grandes agglomérations, mais c’est aussi dommage pour les citoyens des régions qui auront moins de services et qui devront payer plus cher», a indiqué le président de l’A.T.R.Q., Serge Leblanc.

«Au final, ce qu’on demande, c’est une période de transition sur les trois ou quatre prochaines années pour qu’on puisse mieux réagir s’il y a des effets négatifs», a ajouté son vice-président, Georges Tannous.

À la demande de l’A.R.T.Q., une table de concertation avait été créée par le gouvernement pour discuter des enjeux importants. Cependant, M. Leblanc et M. Tannous soutiennent que M. Legault «a déjà réglé les principaux enjeux».

«À quoi sert la table de concertation dans ce cas-là?», ont-ils laissé tomber.

Des manifestations du genre avaient lieu dans toute la province pour s’opposer à l’adoption du projet de loi 17 qui vise, entre autres, l’abolition des permis de taxis et la régularisation des services comme Uber sur le territoire québécois.

 

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