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Plomb dans l’eau: Québec défend l’abolition partielle d’un programme

Vincent Larin | Agence QMI

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Simon Clark/Agence QMI

Québec se défend d’avoir aboli en partie un programme qui avait pour mandat de vérifier la qualité de l’eau dans les écoles: le gouvernement plaide que ce travail était déjà effectué par un autre organisme gouvernemental.

Trois chercheurs québécois ont claqué la porte du projet «VisezEau à l’école» en février dernier après l’abolition par Québec du volet visant à vérifier la qualité de l’eau, a révélé le quotidien «Le Devoir», jeudi.

Cette partie du programme - qui a pour objectif principal d’encourager les élèves à utiliser les fontaines d’eau et à laisser tomber les boissons sucrées - avait été abolie par le gouvernement Legault en novembre 2018.

Les données, issues de l’application de la réglementation en vigueur, ne démontraient aucun besoin supplémentaire d’analyser l’eau dans les écoles du Québec, se sont fait expliquer les chercheurs.

La ministre Danielle McCann a fait valoir jeudi que le travail d’analyse des taux de plomb dans les fontaines était déjà effectué par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

«Dans la grande, grande, grande majorité des cas, il n’y a pas de problème», a indiqué de son côté le premier ministre François Legault, qui assure «ne pas vouloir prendre de risques».

«Dans les cas nécessaires, on va fermer les abreuvoirs s’il y a un risque», a-t-il ajouté.

Selon les partis d’opposition, le gouvernement a toutefois été négligent dans le dossier alors qu’une analyse de l’INSPQ, parue en juin dernier, révélait que les niveaux de plomb dans l'eau des écoles et des garderies du Québec pourraient être assez élevés pour affecter le quotient intellectuel des enfants.

«Il y avait déjà des drapeaux rouges. [...] Il y a un article qui est sorti cet été parlant de la qualité de l’eau et le ministre n’a pas cru bon de faire des vérifications», a déploré la députée libérale Marwah Rizqy.

«L’inaction gouvernementale, c’est une chose. Mais ici, clairement, ça a été irresponsable, donc oui il y a un risque [de poursuite contre le gouvernement]», a aussi indiqué la députée Marwah Rizqy.

«Ça parle du rapport trouble du gouvernement avec la science», a commenté le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, en référence au départ des chercheurs du programme VisezEau.

«C’est un non-sens total d’aller retirer ce qu’il y a de plus important dans un tel mandat, c’est-à-dire de voir ce qui peut affecter la qualité de l’eau pour les enfants dans les écoles», a déclaré la députée du Parti québécois, Véronique Hivon.