/regional/montreal/lanaudiere

Trudel voulait installer des jeux non homologués dans des parcs

Jean-François Cloutier | Journal de Montréal

L’entrepreneur Normand Trudel projetait d’importer de France, avec l’appui du chef de cabinet de maire de Terrebonne, des jeux qui n’avaient pas été homologués par les autorités canadiennes pour les installer dans des parcs.

«M. Trudel voulait faire accepter d’autres jeux [que ceux qui étaient disponibles au Québec]. [...] Il les trouvait intéressants », a raconté l’ancien directeur du loisir et de la vie communautaire à Terrebonne, Claude Lamontagne, au quatrième jour du procès pour corruption et abus de confiance de l’ancien maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille.

Normand Trudel, l’ex-directeur général de la Ville Luc Papillon, de même que l’ex-chef de cabinet du maire, Daniel Bélec, sont aussi accusés dans ce dossier.

Claude Lamontagne a raconté s’être fait également consulter par Daniel Bélec à ce sujet.

Le témoin dit s’être opposé à ce projet parce qu’il y avait selon lui un risque de poursuites pour la Ville en cas d’accidents. «Pour moi, ça devait être homologué [par les autorités canadiennes]. [...] J’ai rien contre [...] en autant que c’est approuvé », a-t-il expliqué. Il dit avoir convaincu Bélec que ce projet était une mauvaise idée. 

Le témoin a raconté que dans le passé la grande majorité des jeux dans les parcs à Terrebonne étaient fournis par l’entrepreneur Richard Tessier. 

Puis, dans les années 2000, Lamontagne dit avoir voulu diversifier les fournisseurs en faisant une place à une autre entreprise dans les appels d’offres. «Denis Lévesque [son supérieur] m’avait dit qu’il fallait que ça passe par M. Bélec [pour avoir son approbation]», a-t-il raconté.

Insultes

Alain Racine, un ancien chef inspecteur à Terrebonne, a de son côté raconté s’être fait appeler deux fois en 2007 par Normand Trudel après qu’il eut faxé à un entrepreneur un certificat de décontamination relié à un projet de Transports et Excavation Mascouche (l’entreprise de Normand Trudel). 

«Il faisait juste sacrer. J’ai fermé la ligne. Il a rappelé. J’ai refermé», a-t-il dit.

Peu de temps après, Alain Racine dit avoir reçu un appel de Luc Papillon qui lui a alors proposé qu’il prenne sa retraite un mois plus tôt que prévu. Le témoin dit en avoir conclu «qu’il devait y avoir un lien entre M. Trudel et ma prise de retraite». 

 

Dans la même catégorie