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Arrestation du suspect d’un quintuple meurtre après 8 ans de cavale

Agence France-Presse

Coup de théâtre dans l'une des plus grandes énigmes criminelles des dernières décennies en France: Xavier Dupont de Ligonnès, recherché en vain depuis 2011 après le meurtre mystérieux de sa femme et de ses quatre enfants, a été arrêté vendredi à l'aéroport de Glasgow en provenance de Paris.

À son arrivée en Écosse, l'homme a été contrôlé et ses empreintes correspondaient à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, selon deux sources françaises proches de l'enquête, qui ont confirmé une information du quotidien Le Parisien. Les enquêteurs attendent cependant «les comparaisons ADN pour être complètement certains», selon l'une de ces sources.

Ce sont des échanges d'informations entre les policiers français et écossais, sur la base d'une «dénonciation anonyme», qui ont permis l'arrestation du fugitif, âgé de 58 ans, selon une source proche de l'enquête.

Les enquêteurs français, alertés trop tard pour intervenir à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, ont prévenu la police écossaise que Xavier Dupont de Ligonnès se trouvait dans l'avion et lui ont «transmis des moyens d'identification», a expliqué une autre source proche de l'enquête. L'homme arrêté gardait le silence vendredi soir, selon cette source.

Selon une autre source interrogée par l'AFP, l'homme voyageait avec un passeport français volé en 2014, et aurait très probablement passé une partie de sa cavale au Royaume-Uni.

Une perquisition a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi dans une maison de Limay, dans la banlieue ouest de Paris. Cette adresse est celle qui figure sur son passeport, selon une source proche du dossier.

Fausses pistes

Xavier Dupont de Ligonnès est recherché depuis huit ans après le massacre de sa famille à Nantes.

À maintes reprises, des signalements sont parvenus aux enquêteurs. Mais ils ne leur avaient jamais permis de déterminer si le suspect était mort ou vivant, s'il avait pu organiser sa fuite ou s'il s'était suicidé.

L'homme avait été aperçu pour la dernière fois en avril 2011: le 14, il avait été filmé par la caméra d'un distributeur de billets, et le 15, il avait quitté à pied un hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens dans le Var avec, sur le dos, un étui pouvant contenir une carabine.

Six jours plus tard, les corps de sa femme et de ses quatre enfants étaient découverts, enterrés sous la terrasse de la maison familiale, enroulés dans des draps et couverts de chaux.

Agnès Dupont de Ligonnès, 48 ans, Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans, ont été tués à coups de carabine, vraisemblablement deux semaines plus tôt, entre le 3 et le 5 avril, d'au moins deux balles dans la tête chacun. Une «exécution méthodique», selon les rapports d'autopsie.

Avec six jours de retard sur le père de famille, les enquêteurs avaient alors remonté le fil de son emploi du temps, sans percer l'énigme. 

À plusieurs reprises, les enquêteurs ont été menés sur de fausses pistes par des témoins qui affirmaient avoir l'aperçu, comme des fidèles d'un monastère dans le sud de la France en janvier 2018.

Une pincée de théorie du complot --née d'un courrier du père à neuf de ses proches, affirmant qu'il allait être exfiltré vers les États-Unis en raison de sa supposée vie d'agent double --, une famille en apparence tout à fait classique, une préparation qui semblait méthodique et une certaine mise en scène de la disparition du père étaient venues nourrir l'intérêt pour cette affaire hors du commun.

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