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Extinction Rebellion cible l'Assemblée nationale, une militante arrêtée

Dominique Lelièvre | Le Journal de Québec

Une militante écologiste a été arrêtée pour son implication dans le coup d’éclat d’Extinction Rebellion devant l’Assemblée nationale, ce matin, dans le cadre duquel du colorant rouge a été déversé dans la fontaine de Tourny.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a confirmé avoir appréhendé une femme de 32 ans pour méfait en lien avec cet événement.

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«Cette dernière a rencontré les enquêteurs pour être ensuite libérée. L’enquête se poursuit», a déclaré David Poitras, porte-parole du corps policier.

Moins d’une dizaine de sympathisants du mouvement mondial Extinction Rebellion (XR) se sont présentés un peu avant 9 h devant le Parlement à Québec pour répandre un liquide rouge dans la célèbre fontaine sous le regard étonné de quelques touristes.

L'eau a rapidement pris une teinte rouge vif. Cet acte était censé illustrer «le sang des innocents qui sont victimes des dérèglements climatiques», selon les activistes.

«Die-in»

Ensuite, quatre d’entre eux se sont couchés quelques minutes au sol dans le cadre d’un «die-in». Les manifestants n’ont pas troublé la circulation et sont demeurés pacifiques.

Le Journal n’a aperçu aucun policier dans le périmètre immédiat de la fontaine. Malgré tout, le SPVQ a expliqué en matinée être bien au fait du geste qui a été posé et disait alors faire des vérifications «pour valider la légalité des actions qui ont été entreprises».

Nous avons contacté la Ville de Québec pour connaître les dispositions qu’elle prend pour nettoyer la fontaine lorsque ce genre de dégât est causé et les coûts qui peuvent éventuellement en résulter. Elle n’avait pas répondu à nos questions au moment d’écrire ces lignes.

Le mouvement XR dit vouloir attirer l’attention sur «l’urgence» d’agir pour endiguer la crise climatique. Il prône des actions directes et non violentes tout en encourageant la désobéissance civile.

Le collectif compterait entre 50 et 60 adhérents dans la capitale provinciale.

Toute la semaine, le regroupement a entretenu la menace d’une gradation des moyens de pression et même l'éventualité de perturber la circulation si ses revendications ne sont pas entendues.

«On n’exclut absolument rien. On essaie de cibler le moins possible les gens, parce que ce n’est vraiment pas notre but. Notre but, c’est de cibler les politiciens, c’est de passer des messages», a expliqué vendredi matin la porte-parole Anne Rufiange.

Dans la région de Québec, les militants exigent entre autres la fin du projet de troisième lien.

Troisième fois  

Ils en sont à leur troisième activité cette semaine à Québec.       

Jeudi, une poignée d’entre eux ont exhibé une banderole verte sur laquelle on pouvait lire «Rébellion ou extinction» au-dessus de l’autoroute Henri-IV, à partir du viaduc du chemin Saint-Louis, en pleine heure de pointe matinale.    

Encadrées par une faible présence policière, les quatre personnes présentes n’avaient pas cherché à entraver la circulation automobile.       

Une femme avait indiqué que ce n’était pas l’intention du mouvement, tout en laissant entendre que ce genre de perturbation n’était pas à exclure dans le futur.       

«Notre objectif, ce n’est pas d’embêter personne, mais c’est sûr que notre objectif, c’est d’aller graduellement, avec le temps, si on n’a pas de résultat au niveau de se faire entendre», a affirmé Éveline Gueppe, une résidente de Québec qui a rejoint les rangs de XR en juillet.       

«Notre objectif, c’est simplement de dire la vérité, que nos gouvernements écoutent les scientifiques, puis que l’on prenne des mesures maintenant», a-t-elle ajouté.     

Autre action samedi  

Samedi prochain, XR Ville de Québec prévoit de manifester à certaines intersections à Sainte-Foy, Saint-Roch et Limoilou. Les participants sont invités à porter du noir.       

«Nous nous positionnons sur le passage piéton durant le feu rouge automobile, tenant des affiches et des bannières, encourageant les passants et les automobilistes à s’interroger sur les changements climatiques», annonce-t-on sur la page Facebook de l'événement.       

Ce sont des activistes du mouvement XR qui ont grimpé dans la structure du pont Jacques-Cartier, à Montréal, plus tôt cette semaine, entraînant sa fermeture complète pendant plus d’une heure.       

Lundi dernier, quelques militants s’étaient rendus devant l’hôtel Delta, où le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, participait à un atelier.

 

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