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«Voir jouer Benoît est une leçon précieuse» - Christian Bégin

Nathalie Clark | Agence QMI

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL /

Le comédien, auteur et animateur Christian Bégin a autant de sources d’inspiration qu’il a de cordes à son  arc. Certaines personnalités le fascinent et l’ont fait grandir. Parmi celles-ci, on retrouve Romain Gary et Benoît McGinnis.

Sur le plan littéraire, Christian rend hommage à un grand écrivain français du XXe siècle, Romain Gary.  «Mon amour de l’écriture vient de mon plus grand mentor, que je n’ai malheureusement jamais eu la chance de rencontrer, soit l’écrivain Romain Gary, décédé à Paris en 1980.»

Grotesque et sublime à la fois

«La rencontre avec son univers a été foudroyante. Il avait une façon impitoyable, mais compatissante de voir l’humanité.» L’œuvre éclectique de Romain Gary est entourée d’une aura de mystère. «Il a aussi écrit sous le pseudonyme d’Émile Ajar. Il est le seul écrivain à avoir gagné deux prix Goncourt. L’un des deux a été remporté sous sa véritable identité, l’autre, sous son pseudonyme. Personne ne savait qu’il s’agissait du même auteur!»

Christian affirme que Romain Gary a été déterminant dans la formation de son style littéraire. «J’écrivais déjà avant de découvrir son univers, mais j’ai réalisé que j’avais tendance à le copier. J’ai dû faire l’exercice de me détacher de lui. Mais, chose certaine, au théâtre ou ailleurs, j’aime osciller entre le sublime et le grotesque dans mon écriture, tout comme lui.»

Professeur à son insu

Pour ce qui est du jeu, Christian confesse que certains comédiens sont en quelque sorte des profs sans le savoir. «Le travail de Benoît McGinnis, ce jeune acteur de génie, est toujours pour moi une sorte de “classe de maître”. C’est comme si j’apprenais à jouer mieux chaque fois que je le vois travailler. Dans la tragédie de Jean Racine Britannicus, il jouait le rôle de Néron. C’était mon rêve de jouer ce rôle, mais je n’aurais jamais pu le jouer comme il l’a fait. Il était absolument transcendant!»

Christian a aussi réalisé, en analysant le jeu de Benoît McGinnis, que le corps joue un rôle important sur scène. «Moi, je suis un acteur qui n’est pas très physique, c’est-à-dire que je comprends bien un texte intellectuellement, mais je ne sais pas trop quoi faire de mon corps. En voyant Benoît jouer, j’ai pu constater comment il se transforme physiquement. Alors, c’est vraiment une leçon précieuse pour moi quand je le vois jouer.»

L’émission «Y’a du monde à messe», vendredi 20 h, à Télé-Québec.   La série «Fragile» sera offerte dès novembre sur Tou.tv Extra.  Le rendez-vous culinaire «Curieux Bégin», de retour au printemps 2020, à Télé-Québec.