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Scheer nie avoir fait de la désinformation dans des publicités en mandarin

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le chef conservateur Andrew Scheer nie que son parti ait répandu de fausses informations dans une publicité en mandarin soutenant que les libéraux ont l’intention de légaliser les drogues dures.

Le «Globe and Mail» rapportait samedi que le Parti conservateur du Canada a véhiculé ce message dans six publications sur sa page Facebook en mandarin.

«Trudeau a légalisé la marijuana et maintenant il a l’intention de légaliser les drogues dures!», est-il écrit dans l’une d’entre elles, toujours selon le quotidien torontois.

Or, le Parti libéral du Canada (PLC) n’a jamais parlé de «légalisation», mais de décriminalisation de toutes les drogues. En avril 2018, les membres du parti réunis au congrès national ont avalisé l’idée de décriminaliser la possession de petites quantités de toutes drogues.

Le premier ministre sortant Justin Trudeau a toutefois fait savoir à plusieurs reprises qu’il n’était pas dans les plans d’aller de l’avant avec cette idée.

Aux yeux d’Andrew Scheer, toutefois,  le chef libéral n’a pas été suffisamment clair sur ses intentions. «Quand Justin Trudeau s’est fait poser cette question spécifiquement, le mieux qu’il a su répondre est qu’il ne le ferait pas tout de suite» a dit le chef conservateur samedi au cours d’un arrêt de campagne à Burnaby, près de Vancouver.

M. Scheer faisait référence à des propos tenus par le premier ministre sortant durant le débat des chefs en français de TVA. Or, M. Trudeau a précisé par après que la décriminalisation de toutes les drogues n’est pas à envisagée dans un prochain mandat libéral.

«Il n’a jamais clarifié exactement ce qu’il avait voulu dire en anglais, rétorque le chef conservateur. C’est quelque chose d'important que les Canadiens ont le droit de savoir.»

Suivant cette logique, M. Scheer fait valoir que les publicités conservatrices sur cette question ne visaient qu’à avertir les électeurs de «ce sur quoi les libéraux spéculent et veulent implanter après l’élection».

Dans le camp libéral, on voit dans cette sortie du chef conservateur un autre exemple criant de ses tactiques de désinformation.

Avant le débat des chefs de lundi en anglais, l’équipe Trudeau reprochait en effet aux conservateurs le même genre d’agissements.

«C’est un comportement américain, digne de ceux de politiciens des États-Unis que nous avons vus dans le passé. Ce sont des faits alternatifs», a lancé en point de presse le député libéral sortant de Gatineau, Steven MacKinnon.

Les troupes de M. Trudeau dénonçaient alors l’allégation des conservateurs selon laquelle ils ont «un plan secret» pour imposer une taxe de 50% sur le gain en capital associé à la vente de maisons.