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Un dangereux chef de gang libéré d’office

Michael Nguyen | Le Journal de Montréal

Un redoutable chef de gang qui avait été condamné à huit ans de pénitencier pour avoir déchargé une arme à feu en direction d’un travailleur social a obtenu sa libération d’office, même si son incarcération ne l’a pas calmé.

« En établissement [...], vous avez menacé verbalement des officiers et vous avez tenté d’intimider des membres du personnel. Il est également question de trafic de stupéfiants, d’intimidation et de taxage », déplore la Commission des libérations conditionnelles du Canada [CLCC] dans sa plus récente décision concernant Philistin « Crazy » Paul.

Âgé de 41 ans, le chef de gang de rue associé aux Rouges purge depuis 2011 une longue peine de prison pour avoir tiré sur Beauvoir Jean, le fondateur du premier gang de rue haïtien à Montréal, qui est depuis devenu travailleur de rue.

Au cours de cet événement, Jean n’avait pas été atteint, contrairement à Paul, qui s’était tiré dans la cuisse en remettant son arme dans sa ceinture.

En cavale

Malgré son comportement douteux en détention, Paul a obtenu une première libération d’office en 2016. Sauf qu’au lieu de se tenir à carreau, il a plutôt pris le large en Alberta pendant deux ans avant d’être retrouvé.

« Durant cette période, vous avez commis, entre autres, des délits de violence avec l’utilisation d’armes à feu », a noté la CLCC.

Paul devra d’ailleurs subir un procès en Alberta, en 2020, pour des accusations de vol qualifié, de fraude, et de possession de biens criminellement obtenus dans le but d’en faire le trafic.

Paul nie maintenant avoir été membre d’un gang de rue, mais la Commission affirme que le caïd a conservé son influence, même en détention.

Et son mauvais comportement a fait en sorte qu’il a cumulé les rapports disciplinaires, au point où il a dû être placé en isolement préventif à une dizaine de reprises.

À deux occasions, sa cote de sécurité a été relevée et il a dû être transféré dans des pénitenciers à sécurité maximale.

« Vous demeurez un sujet d’intérêt pour le département de sécurité préventive compte tenu de votre statut de [chef de] gang de rue et de votre influence », a noté le CLCC.

Maison de transition

Malgré tout, la Commission n’a pas eu d’autre choix que d’accorder à Paul une libération d’office. Tout ce qu’elle a pu faire, c’est lui imposer des conditions de sortie.

Paul s’est ainsi vu interdire de fréquenter des criminels, il ne pourra pas avoir de cellulaire ni consommer de drogues. Il devra également vivre en maison de transition.

S’il brise une condition, Paul pourrait être réincarcéré jusqu’à l’expiration de sa peine, l’année prochaine.