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Les moteurs se taisent à Saint-Eustache

Stéphane Sinclair | Le Journal de Montréal

PHOTO COURTOISIE, STÉPHANE SINCLAIR

Plus d’un millier d’amateurs de course automobile ont participé hier au dernier grand événement organisé par l’Autodrome Saint-Eustache, qui ferme définitivement ses portes aujourd’hui.

« C’est dommage quand même, parce qu’on n’aura jamais le genre d’ambiance qu’on avait ici », estime Alain Bourgeois, 26 ans, qui est venu de Québec pour assister à cette journée.

Pour l’occasion, des groupes d’amateurs ont été organisés partout, de Québec à Sherbrooke en passant par Gatineau, la Gaspésie et le Saguenay.

Des propriétaires de voitures aussi diversifiées que des Honda modifiées, des Lamborghini étaient sur place. Les dragsters étaient même présents pour l’événement de course d’accélération et de glisse ouvert au public.

Le tout s’est fait dans l’ordre sous la supervision de la police de Saint-Eustache.

Ce circuit de course en était à son dernier événement hier après plus de 54 années d’existence et de controverses.

Construit au milieu de champs de maïs et d’érablières, il est devenu un indésirable au courant des 30 dernières années en raison du développement immobilier dans la région.

Le 10 avril 2018, la Ville annonçait qu’elle achetait l’autodrome pour 5,3 millions $ afin d’y développer un parc industriel.

Une grande perte

« C’est toute une perte. Il ne va rester que quatre endroits au Québec où nous allons pouvoir exercer notre passion », dit Dominic Trudeau, heureux propriétaire d’une Lamborghini Huracan à 19 ans.

L’entrepreneur de Repentigny va devoir se tourner vers le circuit Icar à Mirabel ou se rendre en Montérégie pour tester en toute sécurité les limites de son bolide de plus de 275 000 $. Mais tous affirment que l’ambiance incomparable de l’Autodrome de Saint-Eustache sera une lourde perte pour les amateurs québécois.

« C’était la piste de course la plus cool au Québec. L’endroit est super et les gens sont vraiment super, ici. Ce n’est pas la même chose ailleurs. On perd gros. Ça ne sera pas pareil à l’avenir », a lancé Steve Joncas, 24 ans, de Montréal.

« C’est bien chez Icar à Mirabel, mais les estrades sont trop loin. Nous ne sommes pas aussi près les uns des autres qu’ici », explique Martin Auger, 28 ans, de Laval.

Le propriétaire de l’autodrome, Alan Labrosse, était manifestement triste de mettre la clé dans la porte de l’établissement ouvert en 1965.

Il a expliqué au Journal qu’il n’avait pas le choix de céder.

« On s’exposait à de nombreux problèmes. Il valait mieux vendre à la Ville », a-t-il dit.

Mieux que dans les rues

Ce dernier croit toujours à l’importance de ce genre de circuit de course pour la sécurité des gens.

« Il y a un côté sécuritaire à ce genre d’activités, assure Alan Labrosse. Les jeunes et les moins jeunes avaient une place pour tester leur véhicule. Il y en a de moins en moins. Ils ne doivent pas faire cela sur les routes. Mais si l’on restreint au minimum le nombre d’endroits où ils peuvent courser ou tester leur véhicule, vont-ils le faire sur les routes ? » questionne M. Labrosse.