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Les plaintes pour agression sexuelle triplent en trois ans

Olivier Roy Martin | Le Journal de Montréal

Man hand oppressing or pressing woman wrist on the wall - woman violence concept.

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Le nombre de plaintes pour agression sexuelle a presque triplé au cours des trois dernières années dans deux villes de la Côte-Nord, selon un récent rapport.

«Le mouvement de dénonciations [lancé aux États-Unis il y a deux ans] continue de se propager, constate le président du comité de sécurité publique de la MRC de Sept-Rivières, Denis Miousse. C’est ce qui explique encore une fois cette année les données du rapport».

Selon le document de la MRC, qui inclut les deux municipalités de Sept-Îles et de Port-Cartier, les policiers ont ouvert 74 dossiers d’agressions sexuelles pour l’année 2018-2019 alors qu’on en comptait 26 trois ans plus tôt. Le rapport compile le nombre de plaintes par année financière (d’avril à la fin mars).

Cela ne signifie pas pour autant qu’il y a eu plus d’agressions sexuelles sur le territoire de la MRC de Sept-Rivières l’an dernier que pendant les années précédentes, nuance M. Miousse.

«Un crime qui a été commis il y a 10, 15 ou 20 ans et qui est dénoncé en 2018-2019 devient un dossier comptabilisé [dans le plus récent rapport]», précise-t-il. Il ajoute que la MRC de Sept-Rivières dispose d’effectifs policiers suffisamment élevés pour répondre à la demande en hausse.

Courage des victimes

«Ça demande beaucoup de courage de porter plainte à la police», fait valoir la directrice du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels de la Côte-Nord (CAVAC), Isabelle Fortin.

«C’est une bonne nouvelle parce que les statistiques laissent croire que le mouvement #MoiAussi a permis que les victimes fassent un petit peu plus confiance [au système] et dénoncent un peu plus», croit Mme Fortin.

«Le crime le moins dénoncé»

La femme dévouée à sa cause rappelle que les dénonciations compilées dans le rapport de la MRC de Sept-Rivières ne reflètent pas le nombre réel d’agressions sexuelles commises.

«La violence sexuelle est le crime le moins dénoncé. On évalue à 5% le nombre de victimes qui dénoncent leurs agresseurs. 95 % de la violence sexuelle reste dans le silence», déplore celle qui confirme que la peur des représailles et la honte empêchent parfois les victimes de porter plainte.

«Dans nos bureaux au CAVAC, on accueille parfois des gens qui vont jusqu’à attendre que la personne qui les a agressés soit décédée parce qu’ils n’ont pas osé dénoncer avant», lance-t-elle.

«C’est important de dénoncer. Il y a de l’aide disponible pour les victimes, qu’elles veuillent porter plainte à la police ou non», rappelle Mme Fortin.

En 2018-2019, le CAVAC a soutenu 401 personnes se disant victimes d’agressions sexuelles sur la Côte-Nord.

Le nombre de plaintes bondit en trois ans

2016-2017 : 26

2017-2018 : 52

2018-2019 : 74

Source: Rapport annuel d’activités du comité de sécurité publique de la MRC de Sept-Rivières