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«On est chanceux qu’il n’y ait pas eu de victimes»

Antoine Lacroix | Le Journal de Montréal  

Erik Peters / Agence QMI

Des experts déplorent la faible réaction de la police de Montréal à la violente fusillade survenue dans un resto-bar bondé mardi soir, qui n’a miraculeusement pas fait de victimes.

« Publiquement, ils devraient sortir et dire que c’est inacceptable, affirme Paul Laurier, ex-enquêteur de la Sûreté du Québec. [Avec la vidéo-choc publiée], ils devraient être sur toutes les tribunes ce week-end pour dire que ça ne passe pas. »

Mardi soir, trois tireurs ayant peu de considération pour les personnes innocentes attablées dans le Resto-Café SB, dans le quartier Saint-Léonard, ont fait feu plus d’une dizaine de fois en direction d’un homme. Selon nos informations, il s’agit d’un individu lié à un gang de rue du secteur.

Pour la criminologue Maria Mourani, le trio de suspects a effectué un travail « très amateur », et c’est un « miracle » que personne n’ait été atteint comme victime collatérale.

« On est chanceux qu’il n’y ait pas eu de victimes, estime Mme Mourani, qui n’y voit pas une exécution de contrat. Ça me semble plutôt un règlement de comptes, de personnes qui se connaissent. Habituellement, ils ne vont pas tirer un peu partout à travers les fenêtres. Ils vont plutôt être très proches de la cible, à bout portant. »

Elle donne en exemples de « vrais contrats » les meurtres par balles survenus en mai dans des lieux publics et visant des individus criminalisés : à Laval, où le mafieux Salvatore Scoppa avait été tué, et au quartier DIX30 de Brossard, où la victime était Éric-Francis De Souza.

« La réponse de Laval avait été parfaite. Ils avaient réagi de manière forte en disant que pour eux, c’est tolérance zéro les règlements de comptes en public », indique Maria Mourani.

« La meilleure des réactions, c’est de lancer le message que les criminels vont être sous haute surveillance et qu’ils sont mieux de se tenir tranquilles [...] parce que si on laisse passer une fois, ça peut ouvrir la porte à des répliques et à une perte de contrôle », ajoute-t-elle.

Paul Laurier rappelle qu’à l’époque de la guerre des motards, où le jeune Daniel Desrochers avait perdu la vie dans un attentat à la bombe, la réplique policière avait été immédiate avec la formation d’une escouade spécialisée.

« La pression s’était mise à monter, on avait montré qu’il n’y avait aucun pardon à ça. Aujourd’hui, la nouvelle génération n’a plus de code d’honneur. Et c’était clairement des “hitmen” de bas niveau », déplore-t-il.

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