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Trudeau refuse de parler d'un éventuel gouvernement de coalition

Agence QMI

Les chefs de partis fédéraux ne semblent pas le moins du monde intéressé à débattre de la question d'un éventuel gouvernement de transition à Ottawa.

Le chef libéral Justin Trudeau a refusé lundi de se commettre sur ce sujet. Questionné à plusieurs reprises sur l’éventualité d’un gouvernement de coalition, avec le NPD notamment, M. Trudeau s’est contenté de soutenir qu'il concentrera ses efforts d’ici la fin de la campagne pour faire élire un gouvernement progressiste.

«Nous allons continuer de travailler très fort pour élire un gouvernement progressiste et non une opposition progressiste», a-t-il lancé aux électeurs, en matinée à Windsor, puis en début d’après-midi à London, en Ontario.

Par ailleurs, il a réitéré lundi son message selon lequel une opposition progressiste ne peut empêcher les conservateurs de couper comme à l’époque de Stephen Harper.

«J’ai fait partie de cette opposition progressiste face à M. Harper et cela ne l’a pas empêché de couper en culture, a-t-il dit, évoquant aussi les vétérans, les infrastructures ou encore la lutte contre les changements climatiques. Il a continuellement fait mal aux familles canadiennes avec ses coupures et n’a pas pu créer de la croissance économique.»

Rester au pouvoir

Son rival conservateur croit que les Canadiens ne veulent pas d’une coalition libérale et néo-démocrate.

«C’est clair que Justin Trudeau va faire n’importe quoi pour rester au pouvoir», a soutenu le chef conservateur Andrew Scheer, à Winnipeg, estimant qu’une coalition formée par les libéraux et les néo-démocrates allait «augmenter les impôts, tuer les emplois et rendre la vie plus chère» pour les Canadiens.

M. Scheer a milité pour un mandat majoritaire. «Je n'ai pas besoin de travailler avec le chef du Bloc à Ottawa. Je peux travailler directement avec [le premier ministre] François Legault pour obtenir de réels résultats pour les Québécois», a-t-il précisé.

De son côté, le Bloc québécois a fait savoir qu’il analysera les propositions de tout gouvernement pièce par pièce et votera positivement en fonction de ce qui est bon pour le Québec ou pas. «Notre position est la même. Le Bloc québécois ne parle que pour les Québécois», a fait savoir Yves-François Blanchet, soutenant que le modèle d’un gouvernement de coalition n’était pas le sien.

Dimanche, tout en dissuadant les électeurs de voter de façon stratégique, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh avait dit qu’il comptait faire «tout ce qu’il faut» pour défier un gouvernement conservateur. Lundi, il était avare de commentaires après avoir ouvert clairement la porte la veille à une coalition.

«Je ne négocie pas pour le futur aujourd’hui», a-t-il indiqué en campagne à Vancouver, préférant que les Canadiens élisent le maximum de députés néo-démocrates. «Ce que je veux c’est augmenter la qualité de vie pour les gens.»

Le PLC attaque le NPD

Par ailleurs, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a une nouvelle fois été la cible des attaques du chef libéral. Vantant les avantages du nouveau traité de libre-échange en Amérique du Nord, il a pourfendu le NPD de vouloir rouvrir cet accord pour le renégocier avec le président américain Donald Trump. L’impact serait très dommageable, a-t-il laissé entendre.

«Ce n’est pas de cette instabilité-là que nos travailleurs, nos familles ont besoin», a-t-il précisé.

«Les gens ici à Windsor et à travers le pays ont eu peur pour leur emploi quand Donald Trump a menacé de "scraper" l’accord de l’ALENA sur lequel nous dépendons tous pour une croissance économique», a-t-il expliqué.

Aux gens déçus par le premier mandat libéral, Justin Trudeau a soutenu que les Canadiens ont le choix, soit de voter pour le Parti libéral et ainsi «continuer d’avancer», soit voter pour les conservateurs et s’attendre à des coupes.

«On a démontré que l’approche conservatrice de coupure et d’austérité ne fonctionne pas. Nous avons besoin d’un gouvernement progressiste avec des Québécois, avec des gens à travers le pays qui s’impliquent dans ce gouvernement pour lutter contre ses conservateurs comme Jason Kenney et Doug Ford, pour tenir tête aux forces à l’international comme Donald Trump qui voulait enlever notre système de gestion de l’offre et faire mal aux travailleurs de l’acier et de l’aluminium.»