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Trudeau condamne l’incursion de la Turquie en Syrie

Agence QMI

Le premier ministre sortant Justin Trudeau a condamné lundi l'opération militaire turque dans le nord de la Syrie.

En campagne à Windsor, en Ontario, le chef libéral s’est fait poser la question sur ce dossier délicat de la diplomatie internationale.

«Nous condamnons fortement l’incursion de la Turquie en Syrie, a-t-il dit. Nous sommes extrêmement préoccupés par cette situation. Nous sommes en communication avec nos alliés.»

M. Trudeau a toutefois précisé qu’il n’a pas parlé à «d’autres chefs d’État depuis que la campagne électorale a été lancée».

Les propos de Justin Trudeau font échos à ceux de sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Selon l’AFP, l'offensive du gouvernement turc, lancée le 9 octobre, vise à instaurer ce qu’il appelle «une zone de sécurité» pour séparer sa frontière des territoires contrôlés par les Unités de protection du peuple (YPG), milice kurde qualifiée de terroriste par Ankara.

La semaine dernière, Mme Freeland a condamné fermement les incursions militaires turques en Syrie, soutenant que «cette action unilatérale risque de menacer la stabilité d'une région déjà fragile, d'aggraver la situation humanitaire et de faire reculer les progrès réalisés par la Coalition mondiale contre Daech, dont la Turquie est membre».

Les alliés du Canada ont aussi vigoureusement critiqué lundi l’opération militaire turque. C’est le cas de l'Union européenne, mais aussi des pays comme l’Italie ou encore l'Allemagne et la France, qui ont annoncé qu'elles stoppaient les ventes d'armes «susceptibles d'être utilisées» par Ankara dans le cadre de son offensive.

Pour sa part la Turquie a accusé les forces kurdes d'avoir délibérément relâché des détenus du groupe armé État islamique.

Le régime syrien a envoyé ses troupes pour tenter de stopper l'offensive turque contre les forces kurdes.

Rappelons que le président américain Donald Trump ne s'est pas opposé la semaine dernière à une incursion en Syrie, tout en menaçant de sanctions la Turquie en cas de comportement disproportionné. Il a aussi donné l’ordre que les forces américaines quittent le nord du pays.

«Nous n'allons pas nous engager dans une autre guerre entre des gens qui se combattent depuis 200 ans, a-t-il soutenu lundi. Est-ce que les gens pensent vraiment que nous devrions entrer en guerre contre la Turquie qui est membre de l'OTAN? Les guerres sans fin vont s'arrêter!»

Dans son message sur son compte Twitter, le président américain a menacé d'imposer des sanctions à l'encontre du gouvernement d'Ankara. «De grosses sanctions contre la Turquie arrivent!», a-t-il laissé entendre dans un message sur son compte Twitter, tout en s’en prenant aux Européens qui n’ont toujours pas rapatrié leurs ressortissants membres de l'État islamique qui sont présentement détenus par les Kurdes.