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De nouvelles alliances se forment en Syrie

Agence France-Presse

Les forces kurdes opposent une résistance acharnée mardi dans la ville frontalière clé de Ras al-Aïn, au septième jour d'une offensive lancée par Ankara dans le nord-est de la Syrie, ayant provoqué des déplacements massifs de population et le départ d'ONG.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que l'opération, qui vise une milice kurde considérée comme «terroriste», se poursuivrait jusqu'à ce que ses «objectifs soient atteints», en dépit d'appels de nombreux pays, États-Unis en tête, à y mettre fin.

Les forces d'Ankara ont lancé le 9 octobre une offensive dans le nord de la Syrie contre les Unités de protection du peuple (YPG) et ont depuis pris le contrôle d'une bande frontalière de près de 120 km.

Si la ville frontalière de Tal Abyad est tombée aux mains des Turcs et des supplétifs syriens, celle de Ras al-Aïn --plus à l'est--, semble résister pour l'instant.

Pour défendre cette autre ville frontalière, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, utilisent un réseau dense de tunnels et de tranchées.

Elles «ont lancé dans la nuit une vaste contre-attaque contre les forces turques et leurs alliés syriens près de Ras al-Aïn», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays.

Un correspondant de l'AFP dans la région a confirmé la poursuite mardi des affrontements autour de la ville.

Dans le même temps, les forces du régime de Bachar al-Assad se sont déployées au sud de Ras al-Aïn, à la périphérie de la ville de Tal Tamr, en vertu d'un accord conclu dimanche avec les Kurdes visant à contenir l'offensive turque.

Plus à l'ouest, des affrontements ont également eu lieu dans la nuit autour de Minbej entre combattants pro-Ankara et forces du conseil militaire de la ville, affilié aux autorités kurdes. Pour aider ces dernières, Damas a aussi envoyé des troupes dans cette ville.

La Turquie souhaite créer une «zone de sécurité» de 32 kilomètres de profondeur le long de sa frontière pour tenir les forces kurdes à distance et rapatrier une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens sur son sol.

En sept jours, l'offensive turque a déjà tué 70 civils côté syrien et 135 combattants des FDS, selon l'Observatoire. Les affrontements ont également tué 120 combattants proturcs, selon la même source, et cinq soldats turcs, selon Ankara.

En outre, 20 civils sont morts dans des tirs de roquettes sur des villes turques en provenance de la Syrie.

L'offensive a provoqué en outre l'exode de 160 000 personnes d'après l'ONU.

Une opération «avec ou sans le soutien du monde»

La Turquie a affirmé mardi qu'elle poursuivrait son opération militaire dans le nord de la Syrie «avec ou sans le soutien» du monde et dénoncé le «sale marché» conclu entre les forces kurdes et le régime de Damas.

«Nous allons continuer à combattre tous les groupes terroristes, y compris Daech (un acronyme arabe du groupe État islamique), que le monde accepte ou pas de nous soutenir», a déclaré à l'AFP le directeur de communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, dénonçant comme «un sale marché» l'accord conclu entre les forces kurdes et le régime de Damas pour tenter de stopper l'offensive turque.

Le vice-président américain Mike Pence doit se rendre en Turquie dans les 24 prochaines heures.

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