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Disparue lors d’une sortie au cinéma avec sa mère

Valérie Gonthier | Le Journal de Montréal

Paula May veut trouver sa fille Jame-Laura May, 25 ans, disparue le 13 octobre 2018. La photo que Mme May tient dans ses mains date de quatre ans.

Paula May veut trouver sa fille Jame-Laura May, 25 ans, disparue le 13 octobre 2018. La photo que Mme May tient dans ses mains date de quatre ans.

Une mère exaspérée d’être sans nouvelle de sa fille disparue depuis maintenant un an l’implore de lui donner signe de vie et de revenir à la maison.

« Je tiens à lui dire que je l’aime énormément, que je ne suis pas la seule à l’aimer et que c’est pour ça qu’on la cherche », lance Paula May, à l’intention de sa fille Jame-Laura, âgée de 25 ans.

Mme May est sans nouvelle de sa fille depuis un an. Elle l’a vue pour la dernière fois le 13 octobre 2018. La jeune femme était alors traitée à l’hôpital en psychiatrie. Cette journée-là, sa mère et elle ont pu faire une sortie au cinéma.

« Pendant le film, elle est sortie à deux reprises pour aller boire de l’eau. La troisième fois, elle n’est jamais revenue dans la salle », se souvient Mme May.

Au bout de quelques minutes sans voir sa fille se rasseoir à côté d’elle, elle s’est inquiétée. Paula May a ensuite appelé les policiers.

Sur les bandes vidéo de caméras de surveillance du cinéma, on aperçoit Jame-Laura quitter l’établissement, a-t-elle expliqué.

Mais on ignore quelle direction elle a prise ou si quelqu’un l’attendait devant la porte.

Multiples efforts

Mme May dit avoir ensuite déployé de multiples efforts pour trouver sa fille. Elle a même fait appel aux services de détectives privés.

Depuis un an, de nombreuses techniques d’enquête ont été mises en place tant par eux que par un enquêteur du Service de police de l’agglomération de Longueuil.

Mais on ignore toujours où elle se trouve, et avec qui. Surtout, on ne sait pas comment elle se porte, s’inquiète sa mère. Jame-Laura est en effet partie sans apporter sa médication qu’elle doit pourtant prendre chaque jour.

Juste avant de disparaître, elle était sous le coup d’une ordonnance de soins forcés.

Malgré ses problèmes de santé mentale, elle refusait d’être traitée. Un juge avait donc ordonné qu’elle soit évaluée à l’hôpital. L’ordonnance est valide trois ans.

Photo disparue

« Reviens »

Jame-Laura a souvent fugué plus jeune. Chaque fois, c’était pour aller rejoindre un garçon, plus vieux, dont elle était amoureuse. Elle pourrait même avoir déjà eu à se prostituer pour lui, craint sa mère. Elle s’inquiète donc des conditions dans lesquelles sa fille pourrait se trouver présentement.

« Je crains qu’elle ne soit pas bien, qu’elle ne soit pas réellement aimée. Je veux lui dire : reviens. Je l’attends, son lapin Bunny aussi. Et si elle ne veut pas revenir, qu’elle nous donne au moins signe de vie, qu’on sache qu’elle va bien. Tant que je n’aurai pas cette certitude, je vais continuer à la chercher », a conclu Paula May, émue.

La police ne ménage pas ses efforts

Contact avec des policiers de partout au pays, surveillance d’activités bancaires, appels dans des centres d’hébergement et même collaboration avec des détectives privés. Un enquêteur de Longueuil ne lésine pas sur les efforts pour trouver une jeune femme complètement disparue de la carte depuis un an.

« Elle est introuvable, c’est un fantôme », laisse tomber le sergent-détective de la police de Longueuil, Éric Déry, à propos de Jame-Laura May, 25 ans, qui n’a pas été revue depuis le 13 octobre 2018.

Mystère

Affecté au dossier depuis le printemps dernier, le policier Déry a multiplié les techniques de recherche pour localiser la jeune femme.

« On nage en plein mystère, mais on ne lâche pas le morceau », assure-t-il.

La veille de sa disparition, Jame-Laura aurait sorti 600 $ de son compte en banque. Par la suite, il n’y a plus eu de transaction.

Croyant qu’elle aurait pu quitter le Québec, l’inspecteur Déry a effectué différentes recherches pour tenter de la localiser dans d’autres grandes villes, comme Toronto, Calgary ou Vancouver.

Il a aussi contacté plusieurs centres d’hébergement ou organismes communautaires, où la jeune femme aurait pu se réfugier.

« J’en ai fait des démarches. Croyez-moi, j’ai fouillé de tous bords tous côtés. Et on ne la trouve pas », a dit le sergent Déry.

Ce dernier avoue qu’en 23 ans de carrière, c’est la première fois qu’autant de recherches pour un dossier de disparition donnent aussi peu de résultats.

Espoir

Fait rare, le policier travaille même en collaboration avec une firme de détectives privés, qui aide la mère de Jame-Laura depuis sa disparition.

« Ils font leurs démarches de leur côté, mais on travaille ensemble », a-t-il expliqué.

Ainsi, dans l’espoir d’obtenir d’autres informations, la police de Longueuil vient de publier un autre avis de recherche.

« On garde espoir que quelqu’un, quelque part, détienne une information qui, même si elle lui semble banale, pourrait peut-être nous mener à une autre piste », a insisté le sergent Déry.

Toute personne qui détient de l’information à ce sujet peut contacter le sergent Éric Déry au 450 463-7100 poste 4712.