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Harcèlement sexuel: victoire d'une étudiante de l’ETS après un long combat

TVA Nouvelles

Kimberley Marin a vécu l’événement le plus humiliant de sa vie lors d’une activité d’initiation en 2015 à l’École de technologie supérieure (ETS). Plus de quatre ans plus tard, elle a finalement obtenu un montant de 34 500 $ en dommages matériels, moraux et punitifs, mais sa victoire va bien au-delà des dollars.

Après avoir été humiliée par un groupe d’hommes, la jeune femme n’avait pas été prise au sérieux par plusieurs intervenants au sein de l’institution d’enseignement.

Sur le plateau du Québec Matin, Kimberley Marin a raconté ce qui s’est passé lors de cette initiation où tous les étudiants aux cycles supérieurs étaient déguisés à la mode hawaïenne.

«Au début, je trouvais ça drôle des gars avec des jupes et des colliers de fleurs, a-t-elle dit. Mais en après-midi, quatre ou cinq gars ont décidé de me prendre de force par-derrière. Ils m’ont arraché ma jupe et je me suis retrouvée fesses à l’air devant tout le monde dans un milieu à prédominance masculine.»

Après avoir entendu son histoire, son représentant de l’association étudiante lui a ensuite demandé à quoi elle s’attendait, puisqu’elle était «habillée en Hawaïenne».

L’étudiante a poursuivi sa cause avec beaucoup de détermination. Elle a dû rencontrer plusieurs personnes à l’ETS.

«Finalement, j’ai parlé au directeur des services aux étudiants, a-t-elle ajouté. Je lui ai parlé du sexisme que je vivais régulièrement. À la fin, il m’a dit : "tsé, il y en a qui se victimisent", avec un air condescendant.»

Plus de sensibilisation

Depuis, le regroupement Québec contre les violences sexuelles, dont Mme Marin fait partie, a fait des gains importants. Il a notamment obtenu une loi obligeant toutes les institutions post-secondaires à faire de la sensibilisation, à établir des politiques pour agir pour faire valoir les droits des étudiants.

La décision obtenue par Kimberley Marin va également plus loin en ce qui concerne l’ETS. Tous les ans, tous les étudiants et tout le personnel devront suivre une formation. Un protocole précis de prise en charge des victimes sera aussi établi.

«Lorsque j’ai déposé ma plainte, j’avais écrit, mot pour mot, "je veux que la commission impose des normes et des politiques pour que la communauté soit sensibilisée et protégée". C’est ce que je demandais, je ne demandais aucun montant d’argent», a-t-elle expliqué.

Kimberley Marin travaille aujourd’hui pour la Commission des droits de la personne. Elle tient à ce que la population sache qu’il y a des conséquences lorsqu’il y a harcèlement sexuel.