/finance/homepage

Fin de grève en vue chez General Motors aux États-Unis

Agence France-Presse

Après un mois de grève aux États-Unis, General Motors (GM) et le syndicat UAW ont annoncé mercredi être parvenus à un accord préliminaire, qui pourrait mettre fin à ce mouvement sans précédent depuis plus d'une décennie.

Le texte doit encore être approuvé par le Conseil national du syndicat lors d'un vote jeudi avant qu'il ne soit soumis aux adhérents, précise un communiqué de l'UAW. Le Conseil national décidera alors si la grève continue jusqu'à l'adoption finale du texte, ou si elle s'arrête le 17 octobre.

Pour l'heure, le syndicat n'a donné aucun détail sur l'accord lui-même.

GM est resté encore plus discret, se contentant de confirmer «ce que dit l'UAW dans son communiqué sur un accord préliminaire».

Le groupe avait indiqué en début de négociations avoir mis sur la table une proposition prévoyant une hausse des salaires, 7 milliards de dollars d'investissements supplémentaires dans les usines américaines, la création de 5.400 emplois et le versement d'une prime de 8.000 dollars par salarié au moment de la ratification du nouveau contrat de travail.

Si le feu vert est donné, le texte sera partagé avec tous les membres pour qu'ils puissent se prononcer dessus.

«Cet accord ne sera ratifié que si les membres UAW-GM l'adoptent», souligne le communiqué. Selon une source syndicale, leur feu vert n'est pas garanti parce que plus de 40% des salariés actuels de GM n'ont pas connu les moments difficiles du groupe et ne sont pas disposés à faire de gros sacrifices.

En cas d'approbation, l'UAW lancera ensuite les négociations avec Ford et Fiat Chrysler en se servant de l'accord GM comme base des discussions.

À Wall Street, l'action GM progressait de 1,34% vers 19H30 GMT.

Cet accord préliminaire intervient dans un contexte difficile pour l'automobile américaine, un des poumons industriels du pays mais dont les ventes devraient baisser cette année après des records depuis 2014, d'après Standard and Poor's.

L'industrie est également en pleine transformation sous la pression des géants de la Silicon Valley, ce qui se traduit par davantage de robotisation et de gros investissements dans les véhicules électriques et autonomes, considérés comme l'avenir du secteur.

Pendant de nombreux jours, la direction de GM et l'UAW, au centre d'une enquête du ministère de la Justice pour des soupçons de corruption, se sont rejetés la faute sur l'impasse dans laquelle étaient les négociations.

Ces dernières achoppaient sur le traitement des intérimaires ayant travaillé pour GM pendant quatre ans au moins.

Mais Mary Barra, la PDG de GM, avait rejoint mardi la table des négociations, laissant à penser qu'un dénouement était proche pour une grève qui paralyse la production du constructeur automobile aux États-Unis depuis le 16 septembre, et qui a forcé à la mise au chômage technique d'environ 10.000 employés y compris au Canada et au Mexique.

Les deux parties auraient trouvé un compromis selon lequel les salariés intérimaires pourraient être titularisés au bout de trois ans, selon une source syndicale. Il n'est pas exclu que la durée retenue varie d'ici la finalisation d'un accord.

Près de 50.000 salariés américains syndiqués de GM sont en grève, la plus longue depuis 1970. Ils réclament des hausses des salaires et l'amélioration de la situation des employés embauchés après le sauvetage historique du groupe de la faillite en 2009 par l'administration Obama.

«Tout le monde est affecté par ces cinq semaines de grève», avançaient mardi les analystes du cabinet Bank of America Merrill Lynch.

Pour GM, qui produit normalement 8.400 véhicules par jour aux États-Unis, l'arrêt de production occasionne 100 millions de dollars de perte quotidienne environ, calculent les experts.

«Nous estimons la perte d'exploitation à 2 milliards de dollars pour GM», avance Bank of America, tandis que le manque à gagner est, selon la banque, de plus de 4.000 dollars nets par salarié.

Cette grève risque d'enrayer la stratégie de GM, laquelle donne la priorité au développement des voitures électriques et autonomes pour lesquelles le géant de Detroit a promis de doubler les investissements dans les deux prochaines années.

Pour rester compétitif, GM «a besoin» d'un accord «avec l'UAW qui préserve sa flexibilité opérationnelle et soutient son virage vers l'électrification et l'autonomie», insiste Bruce Clark, analyste chez Moody's.

Cet expert fait valoir qu'avant cette grève, GM offrait déjà la plus forte rémunération dans le secteur aux États-Unis, soit 63 dollars/heure en moyenne contre 50 dollars pour Toyota et Honda, dont la plupart des usines sont dans le sud à la culture syndicale non existante.