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Le chef libéral Justin Trudeau répond à nos questions

TVA Nouvelles

Le chef libéral Justin Trudeau a écarté le scénario d’une coalition en cas de faible majorité, mercredi, insistant plutôt sur l’importance selon lui d’un gouvernement libéral fort pour contrer les politiciens conservateurs du pays.

Le premier ministre sortant a accordé mercredi une entrevue de 30 minutes à Pierre Bruneau au cours de laquelle il a présenté les positions de son parti sur différents dossiers chauds.

Gouvernement minoritaire

Le chef libéral a continué d’insister sur la nécessité d’avoir un gouvernement libéral fort à Ottawa pour défendre les intérêts des Canadiens, dit-il, contre les politiques conservatrices mises de l’avant par les premiers ministres provinciaux conservateurs comme Doug Ford en Ontario et Jason Kenney en Alberta. Hors de question, donc, d’envisager une coalition pour le moment.

«On se concentre sur notre plan qui a fonctionné pendant quatre ans et qui va continuer à fonctionner», a déclaré M. Trudeau.

Au sujet de la montée de Bloc québécois dans la province, Justin Trudeau a rappelé l’importance des députés québécois dans son caucus au cours des quatre dernières années. «C’est un gouvernement plein de Québécois que ça prend. Les Québécois, ils veulent être dans l’action, ils ne veulent pas être tout le temps dans l’opposition», a lancé le chef libéral.

Loi 21

Même s’il affirme ne pas vouloir de «chicanes» avec le Québec, Justin Trudeau a continué de marteler qu’«un gouvernement fédéral ne peut pas fermer la porte à défendre des droits fondamentaux éventuellement». Il insiste toutefois : les relations entre Québec et Ottawa ne se limitent pas à la loi 21.

«On comprend que le Bloc veut miser sur la chicane entre Québec et Ottawa, mais on est passé à autre chose. On est en train de livrer [la marchandise], avec le Québec, sur les enjeux prioritaires.»

Immigration

Justin Trudeau a défendu les gestes de son gouvernement pour atténuer la crise d’immigration au chemin Roxham. «Il n’y a pas de passe-droit pour les gens qui traversent la frontière. Ils vont devoir passer dans notre système au complet», a-t-il assuré.

Environnement

Le chef libéral a tenu à préciser qu’il n’était pas question pour lui d’imposer un oléoduc aux Québécois. «Ça, c’est M. Scheer», a-t-il dit.

«On reconnaît qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour un oléoduc qui passe par le Québec, note-t-il. Malgré ça, M. Scheer veut l’imposer. Moi, non.»

Au sujet du projet GNL Québec de Saguenay, M. Trudeau s’est montré prudent, évoquant sa confiance envers les évaluations du BAPE. «Les citoyens s’attendent à ce que l’environnement soit respecté et que l’avenir soit protégé pendant qu’on crée une économie croissante.»

Unité canadienne

Justin Trudeau s’est défendu de jouer avec l’unité canadienne en attaquant les politiciens conservateurs de l’ouest et Doug Ford. Selon lui, les «Canadiens sont unis sur leur désir de vouloir lutter contre les changements climatiques».

«Or il y a quelques politiciens conservateurs qui ne veulent rien faire, qui sont en train de nous amener en cour parce qu’ils pensent qu’ils ne doivent pas faire leur part, tranche-t-il. Le Québec fait sa part, la Colombie-Britannique fait sa part, mais les provinces avec un premier ministre conservateur ne veulent rien faire.»

À ses yeux, «l’urgence climatique exige une prise de position extrêmement forte», ce qui explique ses attaques contre les premiers ministres des importantes provinces que sont l’Ontario et l’Alberta.

Dette

Talonné sur sa décision de continuer à faire croître la dette, Justin Trudeau a insisté sur le fait qu’il ne voulait pas de l’austérité et des coupes, contrastant ses choix avec ceux de l’époque Harper.

«On est en train [d’investir] de façon responsable. Ce n’est pas juste moi qui le dis : on est, avec l’Allemagne, les deux seuls pays du G7 à avoir une cote de crédit parfaite. Ils voient notre plan et ils voient que notre dette continue de diminuer par rapport à notre économie», souligne-t-il.

Netflix

Le chef libéral a de nouveau justifié sa décision de ne pas taxer les géants du web comme Netflix au cours de son mandat par le respect de sa promesse faite en 2015. Il a également indiqué qu’il voulait attendre d’agir afin de s’aligner avec ce qui était proposé à l’international.

«Je comprends qu’il y avait une certaine frustration, mais on avait fait une promesse de ne pas augmenter le prix de l’internet pour les citoyens», plaide-t-il.

Libre-échange et gestion de l’offre

Même s’il a dû indemniser les agriculteurs en raison des renégociations sur le traité de libre-échange nord-américain, Justin Trudeau estime que la protection de la gestion de l’offre, que Donald Trump souhaitait abolir, est une immense victoire pour le pays.

«Il fallait absolument qu’on tienne tête aux Américains pour pouvoir continuer d’avoir accès aux États-Unis à un moment d’imprévisibilité et de protectionnisme américain», affirme-t-il.

La place de François Legault

Même si le premier ministre du Québec s’est exprimé à plusieurs reprises au cours de la campagne fédérale sur les enjeux qui le concernaient, Justin Trudeau n’estime pas que François Legault a pris trop de place.

«C’est important d’avoir des voix fortes pour le Québec, au Québec et à Ottawa», croit-il.

Même si le Bloc québécois a semblé être le parti qui a su tirer le mieux profit de la fibre nationaliste québécoise durant cette campagne, le chef libéral a assuré que le «Bloc n’a pas le monopole sur la fierté québécoise».

«Je suis Québécois et je suis extrêmement fier de l’être. Je sais à quel point les Québécois, cette fierté, ils veulent la porter non seulement chez eux, mais à travers le pays et à travers le monde.»

Voyez l’entrevue intégrale de Justin Trudeau avec Pierre Bruneau dans la vidéo ci-dessus.

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