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Les femmes souffrant de boulimie grave 22 fois plus à risque de crise cardiaque

Agence QMI

Hand of the patient.

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Les femmes souffrant d'une forme suffisamment grave de boulimie pour se retrouver à l'hôpital ont 22 fois plus de chance d'être victimes d'une crise cardiaque.

C'est à tout le moins la conclusion à laquelle est parvenue la docteure Nathalie Auger, chercheuse au Centre de recherche du CHUM, et son équipe en s'intéressant au parcours de 818 Québécoises qui ont été hospitalisées pour un trouble de boulimie entre 2006 et 2018.

En décortiquant les données, les chercheurs ont découvert que les femmes hospitalisées pour boulimie avaient 4,25 fois plus de chance de développer une pathologie cardiovasculaire et même 4,72 fois plus de chance de mourir dans les années suivant leur hospitalisation que les femmes du groupe témoin, formé par des centaines de milliers de mamans hospitalisées dans le cadre d'un accouchement.

La boulimie a même été associée à un risque 21,93 fois plus élevé de crise cardiaque dans les deux ans suivant une hospitalisation.

La gravité du trouble de boulimie semble aussi avoir une incidence, les femmes ayant été hospitalisées au moins trois mois pour cette maladie ayant 25,13 fois plus de chance de développer une maladie cardiaque par la suite.

Les chercheurs peinent toutefois à expliquer pourquoi la boulimie a de tels impacts sur le cœur. «C'est la grande question», a reconnu Dre Nathalie Auger, lors d'une entrevue avec l'Agence QMI.

La responsable de l'étude a mentionné que «la boulimie peut avoir des effets sur les propriétés du cœur de la femme, sur les électrolytes», mais d'autres recherches seront nécessaires pour tenter d'élucider le lien entre cette maladie mentale et les pathologies cardiaques.

Dre Auger a reconnu que les résultats ont été «surprenants», même si elle s'attendait à trouver une corrélation entre la boulimie et la hausse du taux de maladies cardiovasculaires.

Elle espère maintenant que les résultats de son étude pourront être répétés dans d'autres populations. Pour sa part, elle compte tenter de déterminer si d'autres maladies mentales, comme la dépression, peuvent avoir elles aussi un effet sur la santé du cœur.

Les chercheurs estiment que cette étude met en évidence l'importance de bien suivre les femmes atteintes de boulimie et de leur inculquer de bonnes habitudes de vie, que ce soit en matière de nutrition, d'exercice, de tabagisme ou de consommation de drogue.

L'étude menée au CHUM a été publiée mercredi dans la revue spécialisée «JAMA Psychiatry».