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Travaux d’urgence pour restaurer une conduite d'eau principale à Montréal

Elsa Iskander | Agence QMI

Une importante conduite d’eau en piteux état force la Ville de Montréal à entreprendre des travaux d’urgence dès jeudi, 1,2 million de personnes étant à risque d'être privé d'eau potable en cas de bris.

Environ 40 % de la structure - un tuyau de 2,1 mètres de diamètre et 900 mètres de long - se trouve dans un état de dégradation avancé.

Depuis le 7 octobre, la conduite a été mise hors service «afin d'éviter tout éclatement, lequel pourrait inonder un secteur de la Petite-Bourgogne et, possiblement, l'autoroute Ville-Marie», selon des documents produits par la Ville. Le tunnel de la ligne orange du métro, aux alentours de la station Georges-Vanier, risquerait aussi d’être inondé.

«Cette conduite-là, quand elle a un problème, ce n’est pas juste une fuite; c’est une explosion, et il y a des déversements massifs qui peuvent se faire», a signalé mercredi Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures de l’eau au comité exécutif de la Ville.

«Il n'est pas question qu'on attende», a renchéri la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en parlant des travaux imminents.

Le conseil municipal a approuvé l’octroi de contrats pour la mise en place une conduite d'alimentation temporaire en eau et la réalisation des réparations, pour une valeur estimée à 25 millions $.

Pénurie d’eau

L'accès à l'eau potable sera maintenu tout au long des travaux; pour l’instant, trois plus petites conduites assurent la desserte en eau potable, mais elles sont sur-sollicitées.

Si la conduite abîmée cédait et privait d'eau 1,2 million de Montréalais, la pénurie se ferait sentir dans la plupart des quartiers centraux et de l’est de l’île. Au moins une douzaine d’arrondissements seraient affectés, de LaSalle à Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et de Ville-Marie à Saint-Léonard. Une poignée de villes liées, incluant Mont-Royal, Montréal-Est et Côte-Saint-Luc, seraient aussi privées d’eau.

Il en va de même pour des services incendie et plusieurs centres hospitaliers, comme le CHUM et le CUSM.

Habituellement, les conduites ont une durée de vie variant entre 80 et 120 ans. Celle-ci, construire en 1972, a moins de 50 ans. Les fonctionnaires de la Ville ont des hypothèses sur les causes de sa détérioration prématurée, comme l’impact du sel de déglaçage, mais ne sont pas en mesure d’identifier la raison exacte.