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Les jurés ne savent pas tout au procès d’Ugo Fredette

Michael Nguyen | Le Journal de Montréal

Véronique Barbe semblait apeurée et effrayée le matin où elle a été poignardée à 17 reprises par son conjoint Ugo Fredette, a affirmé son ex lors d’un témoignage qui n’a finalement jamais été présenté au jury.

« Elle était comme sous l’emprise de la peur et ne parlait presque pas, je voulais qu’elle sorte de cette atmosphère toxique », a expliqué l’homme, il y a quelques semaines, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Son témoignage a été livré sans la présence du jury, si bien qu’il était jusqu’à présent interdit de le rapporter. Comme les jurés sont maintenant reclus pour effectuer leurs délibérations, les médias peuvent en dévoiler le contenu.

L’homme, dont on ne peut dévoiler l’identité sur ordre du tribunal, avait été appelé par la défense dans le but de corroborer la version de Fredette, stipulant que sa conjointe l’avait frappé dans les jours précédant le drame du 14 septembre 2017.

Le témoin a confirmé avoir reçu cette information, mais il en a dit beaucoup plus, au point où la juge Myriam Lachance l’a qualifié de « dévastateur » pour la défense.

« Zombie »

Lors de son témoignage, l’ex-conjoint de Mme Barbe a expliqué avoir vu celle-ci la veille du meurtre. Lors de cet échange, la femme lui aurait confié avoir été frappée par Fredette.

« Je lui avais dit que c’était intolérable et que j’allais appeler la police, a-t-il dit à la juge. Mais Véronique m’a dit de ne pas le faire, qu’il allait partir. »

Sauf que le lendemain matin, soit quelques heures avant sa mort, Mme Barbe aurait confié à son ex-conjoint qu’elle avait menti la veille.

Fâché, l’homme s’est immédiatement présenté chez la femme, qui lui a ouvert la porte, en compagnie de Fredette.

Ce qui l’a le plus marqué était que son ex-conjointe était méconnaissable.

« Véronique était zombie, a-t-il dit. Elle n’était pas juste fatiguée, elle avait peur. Je lui ai dit d’embarquer avec moi, qu’on allait l’aider. Ça n’avait pas de bon sens. Mais elle ne voulait pas, elle me disait qu’Ugo allait partir et que la vie allait continuer. »

Quelques heures plus tard, Mme Barbe se faisait tuer dans sa résidence de Saint-Eustache, dans les Laurentides.

Pas de témoignage

Après avoir entendu ce témoignage hors de la présence des jurés, la juge Lachance a donné une sérieuse mise en garde à l’avocat de la défense, Louis-Alexandre Martin. Car si le témoin corroborait un élément de la défense, il en disait beaucoup plus, et pas à l’avantage de Fredette.

Après réflexion, Me Martin a décidé de laisser tomber ce témoin.

Le jury devra donc décider du sort de Fredette sans être au fait de ces éléments.

– Avec Claudia Berthiaume

 

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