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Les Kurdes réclament un «couloir humanitaire» pour évacuer les civils

Agence France-Presse

Les autorités kurdes dans le nord-est de la Syrie ont réclamé jeudi un «couloir humanitaire» pour évacuer civils et «blessés» de la ville de Ras al-Aïn, encerclée par les forces turques qui cherchent à la prendre aux forces kurdes.

Des bombardements ont touché et endommagé un hôpital de cette ville située près de la frontière turque, selon les forces kurdes et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). «Le personnel médical est encerclé dans l'établissement», a indiqué l'Observatoire.

Jeudi, l'armée turque et ses supplétifs syriens ont avancé dans Ras al-Aïn après avoir pris le contrôle de près de la moitié de la cité à la faveur de l'offensive lancée le 9 octobre contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), d'après l'OSDH.

«De nombreux civils se trouvent encerclés dans la ville», a rapporté dans un communiqué l'administration semi-autonome kurde, affirmant que les «convois médicaux sont la cible de bombardements systématiques».

Elle réclame une intervention de la communauté internationale pour «ouvrir un couloir humanitaire sécurisé afin d'évacuer» les civils et les blessés civils.

L'appel est adressé à la coalition internationale emmenée par Washington, partenaire des forces kurdes dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), mais aussi à la Russie, allié du régime de Bachar al-Assad.

Lâchés par Washington qui a retiré ses troupes du nord syrien, les combattants kurdes ont perdu une longue bande frontalière de 120 km depuis le 9 octobre, et appelé à la rescousse le régime syrien qui a déployé des troupes dans plusieurs secteurs notamment au sud de Ras al-Aïn.

«Nous les avons encerclées de toutes parts et avons coupé la voie à tout renfort», a affirmé un commandant des supplétifs proturcs, Abou Walid Ezza, en référence aux forces kurdes.

Selon lui, les forces kurdes se trouvent notamment dans l'hôpital et dans le stade de Ras al-Aïn.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, opposent une résistance acharnée à Ras al-Aïn, grâce à un réseau de tunnels, tranchées et remblais.

L'offensive turque a fait depuis le 9 octobre au moins 72 morts parmi les civils et 203 parmi les combattants des FDS, selon un dernier bilan de l'OSDH.

La Turquie a fait état de la mort de six soldats turcs en Syrie et de 20 civils tués dans les villes frontalières selon elle par des tirs des combattants kurdes syriens.

En outre, 171 membres des forces supplétives syriennes ont été tués, selon l'OSDH.

L'objectif affiché de l'offensive est la création d'une «zone de sécurité» de 32 km de profondeur le long de sa frontière, qui permettrait de séparer celle-ci des zones sous contrôle des YPG et d'y installer une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens en Turquie.

Ankara considère les YPG comme une «organisation terroriste», mais les pays occidentaux soutiennent cette milice pour son rôle de premier plan dans la lutte contre l'EI.

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