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48 000 personnes recherchées par les services frontaliers

Agence QMI

CAPTURE D'�CRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Si on sait que 48 000 personnes sont présentement recherchées par les services frontaliers canadiens pour avoir bafoué les lois sur l’immigration, le nombre de migrants en situation illégale au pays est fort probablement plus élevé, mais il reste difficile à chiffrer.

Dans le cadre d’une vaste enquête sur le sujet, Global News a appris que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) annule certains mandats d'arrêt, même lorsqu’on ne peut avoir la certitude que la personne recherchée a bel et bien quitté le pays.

Certes, il existe tout un protocole à suivre avant de supprimer un mandat d’arrêt, mais celui-ci est encore assez bancal; les services frontaliers ne recensent toujours pas les personnes qui quittent le pays par avion. Ils ne le font que depuis peu pour ceux qui partent par voie terrestre lorsque leur demande d’asile a été rejetée ou leur visa a expiré.

Faute d’avoir des données précises, Kelly Sundberg, un ancien agent de l’ASFC qui est aujourd’hui professeur à l’Université Mount Royal de Calgary, a confié à Global qu’il lui était déjà arrivé de mettre fin à un mandat, même s’il n’avait pas l’assurance que la personne recherchée était rendue à l’extérieur des frontières canadiennes. Il lui suffisait d’être certain que la personne, qui risquait l’expulsion dans la plupart des cas, ne représentait pas un danger.

«C’est fou. Nous n’aurions pas dû le faire de cette façon», a-t-il reconnu.

Appelée à réagir, l’ASFC a confirmé que certains mandats pouvaient être annulés sans qu’on ait pu localiser la personne recherchée. L’agence fédérale a par ailleurs indiqué qu’un mandat prenait en moyenne 10 ans avant d’être détruit.

«Les agents de l'ASFC doivent faire preuve de diligence raisonnable en épluchant toutes les pistes pour localiser une personne avant qu'un mandat ne puisse être annulé», a défendu Rebecca Purdy, porte-parole de l’ASFC.

En 2018, 1300 mandats ont été abandonnés, mais les services frontaliers disent ne pas savoir combien de ces migrants pourraient encore se trouver au Canada.

Selon le cabinet du ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, il est difficile de vivre à long terme au Canada sans statut légal, mais on reconnaît que cette situation est problématique.

C’est pour cette raison qu’Ottawa a adopté, en décembre dernier, la Loi C-21, qui permettra de mieux identifier les personnes qui n’ont pas quitté le pays après leur droit de séjour. Cette nouvelle façon de faire devrait être fonctionnelle à partir de 2020, en milieu d’année.

Luin Goldring, professeure de sociologie à l’Université York de Toronto, a tenu à rassurer les gens qui pourraient s’inquiéter que certaines personnes malintentionnées aient intérêt à déjouer les autorités canadiennes.

Elle a rappelé que des études américaines tendent à montrer que le taux de criminalité est faible chez les sans-papiers, comme ces derniers craignent de se faire expulser.