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800 M$ pour le tramway de Québec: Valérie Plante pourrait reprendre ses billes

Stéphanie Martin | Agence QMI

Si la donne change à Ottawa, la mairesse de Montréal pourrait reprendre les 800 millions de dollars qu’elle a consenti à laisser à Québec pour son réseau structurant.

Les incertitudes sur les investissements en infrastructure qui planent depuis le début de la campagne électorale fédérale pourraient avoir raison de la générosité de la mairesse Valérie Plante.

Celle-ci avait consenti à laisser à Québec une part des sommes qui étaient réservées à sa ville pour le transport collectif, en échange d’un remboursement sur cinq ans. Les 800 millions de dollars qu’elle a laissés à la capitale avaient permis de boucler le financement du projet de 3,3 milliards de dollars du réseau structurant.

Jeudi, par contre, la mairesse a fait savoir qu’elle retirerait son offre si la donne changeait à Ottawa et qu’elle perdait les garanties obtenues pour le financement des projets qui lui sont chers. «J’ai peur que le tramway de Québec et le projet de ligne rose soient remis en question», a-t-elle expliqué en entrevue à TVA. «Je n’ai pas d’argent à laisser sur la table», a-t-elle dit, soulignant qu’elle veut bien aider Québec, mais que cela ne doit pas se faire au détriment des Montréalais.

Cela pourrait mettre en péril le financement du projet de Québec. Au cabinet de la mairesse, l'attachée de presse Geneviève Jutras précise que retirer la somme à Québec n'est pas du tout ce que souhaite Montréal. «On avait une entente à quatre partenaires: les gouvernements fédéral et provincial, la Ville de Québec et la Ville de Montréal. Il faut que les quatre partenaires restent engagés dans cette voie.» Montréal estime que les conservateurs prévoient des coupes de 1,6 milliard de dollars en infrastructure, et cela inquiète. La mairesse demande donc à tous les partis de s'engager à maintenir les investissements actuels.

Inquiétudes

Les inquiétudes viennent du fait que les conservateurs ont déclaré ces derniers jours qu’ils repousseraient certaines dépenses en infrastructure. Cette semaine, le chef Andrew Scheer a cependant confirmé qu’il maintiendrait les 1,2 milliard de dollars promis par Ottawa pour le réseau structurant.

Vendredi matin, dans Le Journal, le chroniqueur Claude Villeneuve rapportait déjà que le cabinet de la mairesse avait, la veille, avisé ses vis-à-vis de son intention de reprendre les 800 M$ si l'entente bilatérale intégrée, qui régit les transferts de fonds fédéraux vers le Québec, est modifiée.

Le cabinet du maire de Québec n'a pas encore réagi à cette information. Il sera questionné à 14h lors d'une sortie publique.

Le chef de l'opposition, Jean-François Gosselin, demande que le maire donne le détail des conversations qu'il a eues avec le cabinet de la mairesse. Il s'inquiète d'un manque à gagner.

«Quand je lis ça ce matin dans le journal comme tous les citoyens, qui doivent déjà investir 387 millions de leur poche, je me dis oups! est-ce que ça va nous couter un 800 millions $ de plus si 800 millions $ sont menacés. (...) Au maire de rassurer les citoyens de la Ville de Québec cet après-midi.»

La mairesse a signé avec ses homologues de Vancouver, Edmonton et Toronto une lettre ouverte pour demander au fédéral de s’engager à financer le transport collectif.

Les conservateurs réagissent

Les conservateurs ont réagi vendredi matin en rappelant que leur chef avait envoyé une lettre aux maires du pays le 14 octobre. M. Scheer, dans cette lettre, assure que les promesses faites concernant les projets existants seront maintenues.

«La dernière fois que je vous ai écrit, c’était pour réaffirmer qu’un gouvernement conservateur honorerait et maintiendrait tous les projets existants auxquels le gouvernement fédéral actuel s’était déjà engagé. C’est un engagement que j’ai pris envers vous par écrit, un engagement que j’ai formulé dans des discours partout au pays et un engagement que j’ai pris envers beaucoup d’entre vous personnellement. Cet engagement tient toujours. J’ai également l’intention de poursuivre, et non retarder, les projets dans les délais initialement prévus.»

Il spécifie cependant qu’un gouvernement conservateur investirait autant que les libéraux dans les infrastructures, mais sur une période plus longue, de 15 ans au lieu de 12.

Les libéraux en rajoutent

Les libéraux en ont profité pour taper sur le clou de la menace des coupes en infrastructures. «Tous reconnaissent que les coupures conservatrices en infrastructures compromettent les projets auxquels tiennent les gens de Québec, incluant le tramway, dont le financement est directement menacé par l’austérité conservatrice», écrivent les candidats dans un communiqué. Ils rappellent qu’ils répondent favorablement à toutes les demandes du maire de Québec.