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«Je suis fier de jouer Éliot» – Elijah Patrice-Baudelot

François Hamel | Agence QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

À 14 ans, Elijah Patrice-Baudelot impressionne déjà en incarnant Éliot, un jeune autiste dans la série «Alerte Amber». Quand on le rencontre, son aplomb, sa maturité et son envie de vivre pleinement ses passions laissent présager que nous n’avons pas fini d’entendre parler de ce jeune acteur.

Elijah, le prénom que tu portes n’est pas habituel. Pourquoi tes parents l’ont-ils choisi?

Mes parents sont des fans de la saga «Le seigneur des anneaux». Quand ils se sont attardés au nom des acteurs qui y sont en vedette, ils ont eu un coup de cœur pour Elijah, du nom de l’acteur Elijah Wood, qui y personnifie Frodon.

Parle-nous de ta famille.

Ma mère est Française et mon père, Québécois. J’ai grandi à Saint-Sauveur. J’aime le fait d’être entouré de monts de ski, parce que c’est un sport que je pratique beaucoup. Je suis très proche de mes deux sœurs, Raphaëlle, qui a 12 ans, et Emmanuelle, qui en a 15.

Tu parles de ski. Tu sembles en fait t’adonner à plus d’un sport, non?

Oui, je joue aussi au hockey. Je suis un joueur de centre et, cette année, je suis au niveau Bantam BB. Moi, j’ai plein d’intérêts et je veux juste faire le plus de choses possible. Je suis incapable de ne rien faire, je suis un peu hyperactif.

Tu as notamment pris part à des compétitions de ski acrobatique.

Aussi, oui. En première secondaire, j’étais dans un programme Ski-Études avec une concentration en ski acrobatique, à l’école Augustin-NorbertMorin de Sainte-Adèle. Mais j’ai entre-temps changé pour le hockey et j’étudie maintenant à Sainte-Agathe. Ce qui ne m’empêche pas de continuer à skier.

Sportif comme tu l’es, comment le jeu d’acteur est-il entré dans ta vie?

D’abord, ma mère, Olivia Baudelot, c’est vraiment une artiste, elle est photographe, tandis que mon père, Jean-Sébastien Patrice, est gestionnaire d’entreprise, et c’est vraiment un sportif. Je suis un mélange des deux. Comme je suis un curieux de nature, un passionné, je voyais des enfants jouer à la télé et j’ai dit à ma mère que je voulais m’inscrire dans une agence de comédiens et de comédiennes.

Comment ont-ils réagi?

Mes parents ont embarqué dans mon projet tout de suite, ce qui implique pour eux beaucoup de voyagement. Puis j’ai commencé à suivre des cours de théâtre. Professionnellement, j’ai débuté comme acteur quand j’étais en quatrième année du primaire et je suis maintenant en deuxième secondaire.

Es-tu un premier de classe?

Oui. Mes parents m’ont toujours dit que mes activités ne devaient pas avoir de répercussions sur mes études. Ça me demande d’être discipliné. Mes professeurs sont dévoués, ils me libèrent souvent de cours pour que je puisse mener ma carrière d’acteur. Je suis des cours de récupération. Un jour, j’ai fini un tournage à 5 h du matin, mais je suis allé passer un examen de sciences. Je voulais montrer que je ne tiens pas les privilèges qu’on m’y accorde pour acquis.

Si tu devais choisir entre le jeu d’acteur et le hockey, quel serait ton choix?

Ce serait déchirant, mais j’opterais pour le jeu.

Le défi de jouer un autiste

Que représente pour toi le rôle d’Éliot?

Jusque-là, j’avais joué mes personnages en puisant un peu en moi et en me basant sur les réactions que j’aurais eues face à tel événement. Mais Éliot est totalement différent de moi et je suis fier de l’avoir interprété.

Comment t’es-tu préparé?

J’ai fait mes recherches sur les troubles du spectre de l’autisme. Au début du tournage, j’ai côtoyé des figurants qui en sont atteints. C’est fou à quel point j’ai beaucoup appris en côtoyant Auguste, un garçon autiste, sur le plateau. J’ai regardé comment ils agissaient, se tenaient. Je suis content d’avoir su intégrer certaines de leurs caractéristiques. Je voulais que ce soit respectueux.

As-tu rencontré Mathis, le fils de Charles Lafortune qui est producteur exécutif d’«Alerte Amber»?

Non, mais Charles m’en a énormément parlé, ce qui m’a beaucoup aidé. Avant, l’univers de l’autisme, c’était vraiment flou pour moi. Tout ça m’a grandement sensibilisé à la réalité de ceux qui vivent avec cette réalité.

Les gens te parlent-ils beaucoup d’Éliot?

Je reçois beaucoup de témoignages d’enfants qui me demandent ce que tout ça signifie pour moi.

Certaines personnes pensent-elles encore que tu es autiste dans la vraie vie?

Oui. Sur mes profils Instagram et Facebook, je vois que plusieurs qui m’écrivent constatent que je ne le suis pas et ils sont impressionnés.

Suivez Elijah dans «Alerte Amber», le lundi à 21 h, à TVA. Il est aussi de la distribution du film «Vivre à 100 milles à l’heure», à l’affiche.