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La tension monte à trois jours du vote

Agence France-Presse et TVA Nouvelles

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À trois jours d'élections fédérales indécises, Justin Trudeau et son rival conservateur Andrew Scheer achèvent vendredi une campagne tendue en multipliant les attaques et les appels au vote stratégique, dans l'espoir d'éviter un gouvernement minoritaire prédit par les sondages.

Au cours de l'ultime semaine de campagne avant le scrutin du 21 octobre, qui désignera le successeur du premier ministre sortant, les candidats ont troqué les annonces électorales pour des appels au vote «utile».

Le parti libéral de Justin Trudeau et le parti conservateur d'Andrew Scheer sont toujours au coude-à-coude avec un peu plus de 30 % des intentions de vote chacun. Des chiffres insuffisants pour qu'un des deux partis décroche une majorité absolue à la chambre des députés, qui compte 338 élus.

Le Nouveau parti démocratique, en troisième position, est fortement remonté dans les sondages (18 %) grâce notamment à la performance lors des débats de son chef, Jagmeet Singh, qui pourrait séduire l'aile gauche de l'électorat de M. Trudeau. Le NPD pourrait s'imposer comme le futur «faiseur de roi» en cas de gouvernement minoritaire.

C'est précisément cette perspective qui préoccupe Andrew Scheer: vendredi, le chef conservateur a brandi la menace d'une coalition gouvernementale libéraux-NPD qui permettrait à M. Trudeau de se maintenir au pouvoir, et ce même si son parti n'obtient pas le plus de sièges lundi soir.

«Les Canadiens ont de quoi être inquiets», a-t-il prévenu. Il a opposé une «coalition libéraux-NPD qui créera un énorme déficit et augmentera les taxes», selon lui, à «un gouvernement majoritaire conservateur qui soutiendra notre secteur de l'énergie (...), qui équilibrera le budget de façon responsable et qui réduira les taxes».

Pour se justifier, il a avancé des chiffres de hausses de taxes prétendument envisagées par ses rivaux, qui ne figurent pas dans le programme du parti libéral.

«Ces affirmations sont totalement fausses. Il est malheureux que les conservateurs doivent sans cesse inventer des attaques contre nous», a déclaré M. Trudeau.

Le chef du NPD, qui a exclu toute alliance avec les conservateurs, a lui aussi démenti ces informations. «Scheer invente des choses parce qu'il est désespéré», a lancé vendredi M. Singh.

Mercredi, le premier ministre sortant avait accusé ses rivaux conservateurs de «mener l'une des campagnes les plus sales» de l'histoire du pays en propageant de la désinformation, notamment en ligne. Il y a quelques jours, Justin Trudeau avait été contraint de porter un gilet pare-balles à l'un de ses évènements de campagne après des menaces.

Jeudi, le chef conservateur a estimé que le gouvernement devrait être formé par le parti qui obtiendra le plus de sièges à l'élection.

«Sur le plan de la Constitution, ce n'est pas la règle. On ne vote pas pour un premier ministre, on vote pour le député», a expliqué à l'AFP Hugo Cyr, politologue à l'Université du Québec à Montréal, soulignant la crainte des conservateurs «de ne pas être capables de former une alliance» s'ils sont élus avec une minorité de sièges au Parlement.

Face au fort taux d'indécision, les experts appellent néanmoins à la prudence, les sondages s'étant souvent trompés lors des dernières élections.

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