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«Pendant huit mois, je fais 110 heures par semaine» – MC Gilles

Béatrice Gravel | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Samedi, la septième présentation du Gala Country célébrera le meilleur du country francophone canadien à la Salle André-Mathieu, à Laval. Animé de nouveau par MC Gilles, l’événement couronnera les 14 artistes s’étant le plus illustrés au cours de la dernière année.

«Le country demeure un style musical infiniment populaire, confie MC Gilles. J’habite à Sainte-Anne-de-la-Pérade et je remarque qu’il y a des événements western et country locaux un peu partout, même si on entend peu ce genre de musique à la radio et à la télé. Le Gala Country, c’est le fun, parce que c’est une fête pour les artistes; on rejoint un éventail assez large de ce qu’est devenu le country québécois. Qu’on aime Amélie Hall ou Renée Martel, il y en a pour tous les goûts.»

Le public pourra voir les prestations de Brigitte Leblanc, Laurence Jalbert, Matt Lang, Hert LeBlanc, Karo Laurendeau.

«Il y a eu une nouvelle vague de nominations dans les 10 dernières années, souligne MC Gilles. Ces artistes font de la musique country parce que ça vient de leurs tripes. J’ai un infini respect pour ceux qui ont réussi à survivre à la vague: les Paul Daraîche, Renée Martel et Marie King. Tous ces grands ont vécu les périodes difficiles des années 19801990 où on boudait un peu ce style-là.»

Le Gala Country sera diffusé en direct samedi dès 20 h sur la chaîne MAtv de Vidéotron, et en rappel dimanche à 13 h.

«Depuis l’année passée, on présente le Gala en direct à MAtv; ça fait une grande différence. Écrire pour une salle ou pour la télévision, ce n’est pas pareil; il y a un ajustement à faire, mentionne l’animateur. Qui dit country, dit aussi party! Lorsqu’on anime en salle, on peut se permettre un peu plus de laisser échapper un sacre ou une blague grivoise, mais à la télé, on essaie de se contrôler un peu! (rires) La gestion du temps est aussi un casse-tête; par exemple, si quelqu’un décide d’allonger sa prestation. Je dois donc avoir un peu plus de rigueur, sinon il y a des prix qui ne seront pas remis en ondes.»

Pas de stress

Les expériences stressantes, MC Gilles en a vécu d’autres... «Animer ce gala, c’est une des choses les moins stressantes que j’ai faites. C’est curieux, mais l’animation, pour moi, c’est comme une réunion de famille avec des gens qui font de la musique pour les bonnes raisons. Et ça ne sert à rien de stresser par rapport à ce qu’on ne peut pas contrôler. Lors d’un gala, il peut arriver mille affaires.»

MC Gilles est un fervent amateur de musique country et ne s’en est jamais caché. Il en a d’ailleurs le look. «Je porte des chemises country, des bottes et un chapeau de cow-boy. J’ai une collection ahurissante de vinyles; j’ai à peu près tout ce qui s’est fait du côté western francophone au Québec. Je fais beaucoup de blagues, mais j’aime beaucoup le country!»

À propos de l’industrie musicale qui bouderait le country, MC Gilles a sa théorie. «Il y a deux Québec: les villes de Montréal et Québec, puis le reste. Ces deux Québec ne se comprennent pas toujours, et pas juste en ce qui a trait à la musique. En résumé, si on voit moins les artistes de la musique country, ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas bons, mais parce que les médias sont majoritairement montréalais. Je donne souvent l’exemple suivant... Je suis allé à un festival en Gaspésie. La tête d’affiche était Cayouche, et on mentionnait la participation de Roch Voisine. À Montréal, Roch Voisine est une plus grande vedette, mais en région, les gens veulent plus voir Cayouche!»

Propriétaire d’une boutique

MC Gilles est également critique à «C’est juste de la TV» et chroniqueur à la radio, au 98,5, avec Paul Arcand. «Et je suis clown à ¨Infoman¨. J’ai également un commerce à Sainte-Anne-de-la-Pérade (Boutique MC Gilles Souvenirs et Nostalgie), où je vends mes doubles de vinyles. Puis j’ai une petite chronique à RDS. C’est un métier le fun, pas du tout routinier: pendant huit mois, je fais 110 heures par semaine, et j’ai ensuite quatre mois au cours desquels je regarde pousser mes carottes... J’aime ¨être dans le jus¨!»